Etude d’impact de la relocalisation de l’alimentation bio d’une commune

Développé par Terre de Liens, la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) et le BASIC, l’outil PARCEL dont sont issues les données et grahique de cet article, invite les citoyens et les élus à se saisir des enjeux actuels de l’alimentation en leur proposant de « jouer » sur 3 des principaux leviers de durabilité de l’alimentation :
– La reterritorialisation des filières alimentaires
– Les modes de production agricole
– La composition des régimes alimentaires

Voilà quelques résultats pour Cordemais, commune rurale de 3700 habitants comprenant 2 144 hectares de surfaces agricoles.
En se donnant un objectif raisonnable de relocalisation de 10% de l’alimentation en bio, tout en réduisant de 25% la consommation animale, cela concernerait 120 hectares de terres agricoles, soit 5% de la surface agricole communale, créerait 7 emplois direct et une réduction de 48% des émissions de CO2 par hectare.

73% de ces surfaces seraient consacrées à l’élevage, seulement 3 hectares pour les légumes et 5 hectares pour les fruits.

Cela correspondrait à 7 emplois dont 2 de maraîchers et 1 d’arboriculteur. Parcel comptabilise uniquement les emplois agricoles. La relocalisation de l’alimentation impacte aussi les emplois du milieu et de l’aval des chaînes alimentaires. Ces modifications ne sont pas quantifiées.

Cela correspond à une diminution de 24% des émissions de gaz à effet de serre liés à l’alimentation par personne.

Une diminution de 42% de la destruction des espèces par hectare et de 29% de la déforestation importée par personne

Une augmentation de 28% de la consommation d’eau par hectare mais une diminution de 7% par personnes. Une diminution de 56% de la pollution de l’eau par hectare.

Une augmentation de 45% de l’emprise au sol par personne et une diminution de 8% de la pauvreté des sols.

Raconter une histoire et la diffuser

Chaque action ponctuelle peut être inscrite dans une histoire plus grande. C’est cette narration qui donnera du sens et donnera envie à d’autre de vous rejoindre dans des mouvements collectifs.

Par exemple, si vous souhaitez planter des céréales pour maximiser l’utilisation de l’énergie solaire atteignant votre terrain durant l’hiver, vous pouvez employer différents termes
1 – semer des engrais verts : la finalité sous entendue est d’occuper le sol pour le fertiliser
2 – semer des céréales : vous cherchez à récolter des graines
3 – semer des céréales anciennes : vous souhaitez préserver des variétés rustiques ancestrales
4 – semer de l’orge brassicole : vous voulez brasser de la bière 😉

Auto fertilité et engrais verts

Idéalement, aucun rayon de soleil ne doit toucher le sol ou le paillage sans être mis à profit pas la photosynthèse. 80% des organismes vivant du sol, en nombre, vivant autour des racines, le paillage sans plante va faire s’effondrer la vie du sol. Il faut chercher à avoir en permanence une plante vivante sur le sol afin d’y maintenir la vie à son maximum et optimiser la production végétale sur chaque zone de culture.
C’est le rôle des engrais verts, semés entre deux cultures quand la zone est habituellement libérée. Ils permettent de créer de la biomasse sur place en créant un couvert végétal protégeant, nourrissant et structurant le sol. Ils ne sont utilisables que sur des zones libres de tous végétaux.
Pour les engrais verts comme pour toutes les cultures, favoriser la diversité des espèces.
Par exemple, à l’automne, après destruction de la culture précédente, semis de l’engrais vert : 80% légumineuse (féverole, vesce, pois fourrager), 20 % céréales (seigle, avoine, blé). Les légumineuses fixeront l’azote de l’air tandis que les céréales décompacteront le sol.

Destruction du couvert

Les couverts coupés à la floraison n’auront pas la force de repartir. Plus tôt, il convient de casser les tiges sans les couper et de pailler avec du BRF, de la paille ou du foin. L’emploi de compost permet de réchauffer plus vite le sol mais s’il est très azoté il risque de favoriser le mildiou.
Les professionnels utilise le rouleau faca pour écraser le couvert. Il convient de semer juste après le couchage du couvert végétal pour éviter les maladies, les risques étant élevés après 8 jours.

Maintien de la fertilité, engrais et amendements

Engrais et amendements

Les amendements sont des apports qui structurent et nourrissent le sol, en opposition aux engrais destinés à alimenter la seule plante cultivée. Les engrais rendent la culture dépendante de l’homme, celui-ci se substituant à la vie du sol pour combler les besoins des plantes. Le paysan est ensuite obligé de protéger les plantes de leur environnement par des pesticides alors que le système naturel devrait remplir ce rôle.

Amendements

Les amendements sont des apports qui structurent et nourrissent le sol, en opposition aux engrais destinés à alimenter la seule plante cultivée. Les engrais rendent la culture dépendante de l’homme, celui-ci se substituant à la vie du sol pour combler les besoins des plantes. L’agriculteur est ensuite obligé de protéger les plantes de leur environnement par des pesticides alors le système naturel devrait remplir ce rôle.
Voici un classement des matières organiques naturelles que le jardinier permaculteur peut apporter pour nourrir son sol et ses plantes.
Dans une éthique de non travail du sol, ces matières doivent être disposées à même le sol ou légèrement incorporées dans les premiers centimètres lors de la mise en place de la zone de culture.
Du plus dur (ligneux) au plus tendre
Le bois mettra très longtemps à se décomposer sauf s’il est réduit en sciure. Il favorisera le développement des champignons (culture de pleurotes possibles), peut servir de paillage durable
Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est le broyat des petites branches de l’année . Il est riche en lignine mais également en sucres. Incorporé à l’automne dans les premiers centimètres du sol il booste la vie du sol. Une faim d’azote peut avoir lieu au printemps.
La paille servira de paillage protégeant le sol des rayons du soleil donc du dessèchement et de la levée des adventices (plantes non désirées)
Le foin se décomposera plus vite et nourrira plus rapidement le sol. 20 cm en couche permanente permettent de très bons résultats au potager (« Le potager du paresseux »).
La tonte d’herbe est très azotée, peut servir de paillage en fine couche, attention au pourrissement qui peut bloquer l’air et créer une asphyxie du sol
Le compost de déchetterie a été produit en montant à forte température (70°C) sous l’action de bactéries. Il est inerte, exempt de vie et de graines. Il va agir comme un engrais rapidement assimilable par les plantes mais ne stimulera pas la vie du sol. La montée en température correspond à une perte d’énergie qui aurait pu profiter à la vie du sol
Le vermicompost correspond au compost des jardinier produit principalement par l’action des vers de terre épigées. Rapidement assimilable et plein de vie, il agira comme un levain pour le sol
Le fumier animal de vache, de cheval, de poule, de lapin… est très riche en azote et agira comme un engrais, il stimulera la vie microbienne et nourrira directement les plantes. A apporter avec mesure aux plantes très gourmandes (rhubarbe, courges, artichaut…).

De manière générale, le meilleur apport est celui qui est disponible gratuitement sur place.

Apport annuels

Selon Laurent Welsch et Konrad Schreiber du réseau Maraîchage Sol Vivant, une fois la fertilité revenue, il convient d’apporter 2kg par an de matière « équivalent paille » par m².

Les stratégies pour un jardin perpétuel : haie fruitière et succession de cultures

Pour installer durablement des végétaux perpétuels au jardin, nous allons nous inspirer du fonctionnement des écosystèmes naturels, en particulier de la forêt et de la savane.

La haie fruitière

Reproduire l’écosystème de la forêt n’est pas forcément accessible ni intéressant au jardin. En permaculture, l’effet de lisière est recherché : reproduire l’endroit où la forêt et la prairie se rencontre. Le principe de la haie fruitière est d’établir des haies large d’environ 1m50 mettant en place les différentes strates de la forêt : arbre, arbuste, légume, couvre sol, racines et lianes.
Dans ces haies, l’essentiel des végétaux sont perpétuels / vivaces. Les arbres et arbustes servent de tuteur au légumes et les lianes fixent les légumes aux branches. La taille des arbres est utilisée pour pailler le sol non occupé. Il est possible d’utiliser des végétaux fixateur d’azote tels que les légumineuses pour amender le sol tandis que les bulbes tels que les jonquilles jouent l’effet de starter pour le réseau mycorhizien.
Dans tous les cas, c’est la biodiversité de la haie qui renforcera sa résilience,. Cette haie doit tendre à l’auto fertilité.
En plus d’être nourricière elle remplit les rôles principaux d’une haie : brise-vent, brise-vue, cloisonnement de l’espace. Associée à un grillage elle délimitera parfaitement un parc à poules.

Le semi spontané

Afin de favoriser la vie du sol et également le semi spontané, le sol ne doit pas être retourné. De ce fait, seuls les plantes présentes l’année précédente ont la possibilité de voir leurs graines germer. Il s’agit donc de sélectionner des végétaux non hybrides produisant des graines à même de donner de nouveaux plants intéressants. Si beaucoup de plantes identiques poussent au même endroit, il est alors possible d’en déplacer dans le jardin et d’en donner à ses voisins. La bourrache, l’amarante, la roquette sont de bons candidats.
Il est important de laisser monter en graines les plantes s’adaptant le mieux à votre jardin et à votre technique de culture. C’est la sélection végétale pratiquée depuis 10 000 ans par les hommes.

La succession des cultures ?

Afin de maximiser l’utilisation du rayonnement solaire disponible sur le jardin de toute l’année, il est important que le sol soit couvert en permanence par du végétal mettant à profit cette énergie gratuite. Classiquement, l’hiver le potager est recouvert de fèves, choux, poireaux, salades et légumes bisannuels tels que betterave et bettes.
Les autres zones produisent de la biomasse par l’intermédiaire des céréales tels que blé, seigle, avoine ou d’autres engrais verts tels que luzerne, trèfle, phacélie, vesce. L’enjeu du jardin perpétuel est dans la succession de ces cultures afin d’accompagner les rythmes naturels au fil des saisons afin de, tout en limitant les interventions, maximiser la production de nourriture, de vie, de beauté.

Le végétal perpétuel

Le végétal idéal est immortel, produit abondamment toute l’année de la nourriture pour les humains et les animaux, fertilise le sol autour de lui, offre un abri contre le vent et la pluie, produit du bois, de la beauté, des fleurs magnifiques au parfum exquis… Dans la nature tout cela existe mais un seul végétal ne remplit pas toutes ces fonctions.
Pour créer un jardin inscrit dans la durée et afin de minimiser l’énergie que nous lui apporterons, nous recherchons les guilde de végétaux qui rempliront ces fonctions sur de longues périodes, au moins plusieurs années.

Les arbres et arbustes fruitiers

Les arbres et arbustes sont les végétaux à la plus grande longévité. Par exemple, un pommier de 3m de haut peut produire des pommes au bout de 5 ans pendant 25 ans. La même variété de pommier greffé sur un système racinaire plus vigoureux pourra vivre plus longtemps, produire plus abondamment mais sa première mise à fruit sera plus tard tardive et son port sera plus élevé.
Il s’agit donc de choisir ses arbres en fonction de la qualité et la quantité de la production ainsi que de l’espace occupé dans le jardin, qui est souvent le facteur limitant. La temporalité a son importance également, si vous implantez pommier, veillez à ce que leur production soit étalée afin de ne pas avoir à récolter, transformer, consommer les fruits de tous les arbres en même temps.
Les fonctions des arbres et arbustes sont la production de fruits, de bois, d’abris pour les animaux et les végétaux, de support pour les lianes, de litière au sol par la chute de leurs feuilles, de pollen (plantes mellifères)…
Grands arbres : Noyer, chataîgner
Fruitiers : Pommier, poirier, cerisier, prunier, nashi, cognassier, mûrier, figuier
Arbustes – buissons : Amélanchier, noisetier, néflier d’Allemagne et du Japon, sureau, cassissier, groseiller, framboisier, eleagnus Ebingei, aronia, goji
Lianes : Vigne, kiwi, kiwaï, houblon, ronce sans épine

Les vivaces comestibles

La plupart des légumes annuels cultivés aujourd’hui possèdent un équivalent plus rustique ayant la capacité de durer plusieurs années. Leur utilisation nécessite souvent de modifier ses habitudes alimentaires, la production étant moins abondante. Par exemple le poireau perpétuel est beaucoup plus petit que le poireau annuel des maraîchers. Il se récolte en coupant la végétation à ras de terre en laissant le bulbe intact . Ce bulbe recréera de la végétation et se multipliera, ce qui permettra de récolter plusieurs fois par an de plus en plus de poireaux.
Les vivaces remplaçant les annuelles : choux perpétuel de Daubenton, poireau perpétuel, livèche (céleri perpétuel), ail rocambole (bulbilles aérienne en haut de tiges), chervis (ancêtre de la carotte)
Les vivaces : artichaut, cardon, rhubarbe, topinambour, asperge, fraisier, oignon patate
Les aromatiques : romarin, thym, ciboulette, menthe, sauge, oseille, mélisse
Les sauvages : ortie, pissenlit, consoude

Les annuels se ressemant

Certains végétaux ou fleurs annuels ou bisannuels (montant en graines la deuxième année) se ressèment tout seul. Il suffit d’en laisser certains poursuivre le cours naturel de leur végétation pour qu’ils disséminent leurs graines. Par exemple, l’arroche mauve est difficile à semer mais se ressème très bien naturellement.
Les graines qui pousseront spontanément le feront au bon moment et se développeront dans les meilleurs conditions. De cette façon certains plants de tomates issus de fruits tombés au sol rattrapent le développement des pieds semés sous serre quand les conditions deviennent favorables. Alors pourquoi ne pas laisser les plantes se reproduire spontanément ? Allier les deux stratégies : plantes spontanées et récolte de graines.
Quelques plantes se ressemant toutes seules : Arroche, salade, bourrache, pomme de terre, oca du Pérou, amarante, roquette, topinambour

Créer un écosystème

L’objectif du permaculteur est de créer un écosystème autonome, durable dans le temps et s’améliorant année après année, en s’inspirant des systèmes naturels. Dans une dynamique de jardin vivant, il s’agit de prendre soin de la bonne santé du sol, des végétaux et des animaux et de penser les humains (vous), leur habitat (votre maison) et leur jardin comme un ensemble symbiotique, un être vivant.

Autonomie

L’autonomie au jardin consiste à limiter voir supprimer les intrants afin de ne pas gaspiller d’énergie. Voici les besoins du jardin et les intrants habituels pour lesquels une stratégie doit être mise en œuvre :
fertilité du sol : import d’engrais, paillage, pesticides, eau d’arrosage…
nouvelles plantes : achat d’arbres, plantes annuelles, graines…
infrastructure : achat de piquets, ficelle, serres, voiles…
énergie : travail du jardinier pour la préparation du sol, les semis, l’arrosage, la taille…
Idéalement un jardin perpétuel est indépendant du jardinier, il continue à produire même abandonné.
Le jardinier ne doit plus avoir pour fonction que de se servir – manger – et intervenir au minimum. Nous devons donc comprendre comment fonctionne le vivant et l’observer afin de l’accompagner.
C’est l’œuvre d’une vie 😉

Ecosystème

Les écosystèmes naturels sont beaucoup plus productifs que les champs cultivés. Il s’agit donc d’étudier les différents écosystèmes afin de trouver des solutions à adapter à nos jardins selon nos objectifs .

La forêt

La forêt est notre climax, l’état final de la succession écologique créant un équilibre dans l’écosystème. Elle a une grande capacité à produire du bois, est une zone sauvage refuge pour de nombreux animaux mais n’a pas un fort potentiel nutritionnel, sauf à planter des arbres de haut-jets remplissant des fonctions alimentaires tels que les châtaigniers, noyers, noisetiers…

La savane

La savane est une zone de prairie parsemée d’arbres. Les grands herbivores (bisons, chevaux, antilopes …) la parcourt en troupeaux, détruisant le couvert de graminées par ingestion et par piétinement et fertilisant le sol de leurs déjection. La prairie bocagère peut être assimilée à la savane.

Qu’est-ce qu’un sol vivant ?

Chacun sait que les plantes captent les nutriments dans le sol par leurs racines. Pour faire pousser des légumes rapidement, le jardinier s’applique donc à apporter des éléments tout de suite assimilables, ce sont les fameux N (azote) P (phosphore) et K (potassium) des engrais.
Ces engrais de synthèses sont le fondement de la révolution verte qui a permis d’augmenter considérablement les rendements à partir des années 1950.

La disponibilité dans le sol de ces éléments minéraux a permis aux végétaux de se libérer de la symbiose avec les champignons essentielle en milieu naturel. En effet, naturellement 90% des plantes sont mycorhizées : elles délèguent à des champignons le soin de capter dans le sol les minéraux et l’eau nécessaires à leur croissance. En contre partie, le végétal cède à ses champignons environs 30% des sucres produits par la photosynthèse. Ces échanges s’adaptant aux besoins de chacun des partenaires, lorsque la plante est capable de capter par elle même des engrais solubles dans le sol via ses propres racines, elle cesse la symbiose et arrête de nourrir ses champignons. La plante devient alors dépendante de l’agriculteur qui la nourrit.
Un souci de ce mode de fonctionnement, en plus du fait que les engrais nécessitent beaucoup d’énergie pour être synthétisés, est que le champignon apporte d’autres services à la plante, dont une meilleur résistance aux maladies et aux attaques extérieures par un renforcement des défenses immunitaires du végétal. L’apport d’engrais en limitant les symbioses va diminuer la capacité des cultures à s’adapter à leur environnement. C’est pourquoi l’agriculture moderne conventionnelle s’applique à aseptiser les champs afin de protéger des plantes incapables de résister aux conditions extérieures.
Dans une logique de résilience, lorsque l’on souhaite installer un système de cultures pérennes, il s’agit donc de nourrir non plus seulement les plantes mais également tout le système sol dont font partie les champignons ainsi que des bactéries, des insectes, des vers de terre essentiels à la fertilité dans un milieu naturel.

Deux principes émergent pour encourager la vie du sol
1. perturber le moins possible le sol en cessant le labour
2. nourrir le système sol

De manière simplifiée, le sol mange du végétal. Plus ce végétal est dur (ou ligneux) plus il sera long à digérer mais plus il apportera d’énergie au sol.

Par exemple , la lignine du bois sera décomposée par un champignon, qui sera brouté par un collembole, dont les excréments fortement azotés seront minéralisés par des bactéries.

Un vers de terre anécique mange les déchets végétaux en surface et rejette de la matière organique en profondeur. Cette matière est soit directement assimilable par les plantes, soit crée le complexe argilo-humique.

Schématiquement, le sol mange le carbone et rejette de l’azote disponible pour les plantes.
On peut faire la comparaison avec les sucres pour les animaux :
– herbe, végétal très tendre = sucre rapide (on parle d’apports azotés) rapidement assimilé par le sol
– bois, très dur = sucre lent (apport carboné), stimule d’avantage la vie du sol, apport bénéfique à plus long terme.

Le sol peut être considéré comme un être vivant, il a besoin d’air pour respirer, il possède des organes (la structure du sol) et ne doit donc pas être passé au mixeur (charrue).
La fertilité d’un sol vivant est définie par
1. sa structure
2. la vie qu’il héberge
3. son taux de matière organique
L’objectif du jardinier est de booster la vie de son sol afin de décupler la fertilité, la capacité de stockage d’eau, la résistance au lessivage et la résilience des plantes.

Créer et utiliser une carte communautaire

Dans le cadre de la dynamique de création de collectifs en permaculture, nous avons créé une carte collaborative afin que chacun puisse se référencer géographiquement.
Cette carte a plusieurs intérêts : permettre aux personne de se repérer entre elles, montrer la dynamique en cours à l’extérieur de la communauté…

Afin que cette carte soit efficiente, il est important que chacun puisse ajouter lui-même sa position. Voici comment faire :

1 – Se rendre sur la carte collaborative : http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/anonymous-edit/370645:YbK3kYIKMMV-bye_P50V2EWAA1s

2 – Cliquer sur le crayon

3 -Cliquer sur le symbole « Vous êtes ici »


Votre curseur se transforme en croix +.

4 – Cliquer sur l’endroit de la carte que vous souhaitez répertorier puis renseigner les champs nom et description. Vous pouvez y mettre par exemple une adresse web.

5- Cliquer sur enregistrer

6- Désactiver l’édition

Trouver des ressources localement

Nos territoires regorgent de ressources, qui sont souvent considérées comme des déchets. Voyons comment les capter pour les valoriser en local. Nous ne traitons pas ici de « ressources humaines » comme il est dit en milieu professionnel, nous avons abordé ce point dans l’article comment trouver les bonnes personnes.

Les déchets des uns sont les ressources des autres

Commençons par citer un des fondateurs de la permaculture :

Un déchet est une ressource inexploitée. Bill Molisson

Capter les rebus souvent destinés à l’incinération ou à l’enfouissage est noble à bien des égards : vous transformez un problème global en solution locale.

Le problème est la solution. Bill Molisson

Un annuaire des ressources

Lister les ressources dont vous avez besoin dans votre jardin, et cherchez quelle pourrait être la source la plus proche et allant dans le sens de la vie.

L’exemple de la matière organique

Par exemple, je sais que, selon le réseau Maraîchage sur Sol Vivant, j’ai besoin d’apporter 2 kg de matière « équivalent paille » par m2 par an à mon sol pour entretenir sa fertilité.
Comment cela fonctionne-t-il naturellement ? En forêt, les feuilles mortes et le bois mort se déposent au sol. Puis-je en faire autant dans mon jardin ? Selon la surface de votre terrain, cela peut-être un objectif à moyen terme. La proportion de un tiers de la superficie du jardin dédiée à la production de matière organique est souvent donnée. A court terme, vous devrez certainement importer des végétaux. Ai-je des ressources locales ? Les plus proches sont vos voisins ? Pouvez-vous leur demander de vous déposer leurs tontes de gazon et leurs feuilles mortes ? Ensuite, il y a les paysagistes, les services techniques de la mairie, la déchetterie…
Vous pouvez utiliser de la paille ou du foin, plus chers mais simple d’utilisation et parfois plus esthétiques.

Les plate-formes de compostage sont des belles ressources de matière organique

Où trouver des plantes

Une fois encore, cherchez au plus proche et dans le sens du vivant. L’idéal est de récupérer des plantes auprès de sa famille, ses amis, ses voisins. Ensuite, il existe des trocs de plantes locauxs, des trocs graines, des grainothèques ou des particuliers s’échangent, distribuent l’abondance des végétaux de leurs jardins. Encore une fois, constituez-vous un annuaire ou un agenda de ces rencontres. Si il n’y en a pas proche de chez vous, pourquoi ne pas en créer ?
C’est ce que nous avons fait avec Cordemais en permaculture, lors d’échanges autour de la grainothèque.

Vous pouvez aussi chercher du carton, de la sciure de bois pour équilibrer un compost … pour chaque besoin constituez vous un annuaire collectif. Il peut être écrit, ou oral. A Cordemais en permaculture, certaines informations qui peuvent être publiques sont référencées sur un page nommée Par chez nous.
Ces réponses que vous allez trouver à vos besoins en demandant autour de vous, en rencontrant la mairie ou différents acteurs deviennent un patrimoine de votre association sur lequel il me semble important de capitaliser.
Autant d’informations qui permettront à d’autres personnes de votre territoire de gagner du temps dans leurs démarches pour leurs propres jardins.