Comment trouver un terrain pour un projet collectif

Qu’il s’agisse de planter des arbres, créer un potager collectif, un jardin partagé, la première question qui se pose pour beaucoup est : mais où donc vais-je trouver un terrain ?
Puisqu’il s’agit d’un projet collectif, la démarche étant de créer un patrimoine commun, l’idéal pour moi est que le terrain n’appartienne à personne en particulier.

Le jardin partagé

Dans la logique d’intégrer plutôt que séparer, cherchez d’abord s’il n’existerait pas déjà un jardin partagé ou un terrain collectif que vous pourriez rejoindre pour vos projets. Pour savoir comment repérer les collectifs déjà en place, je vous invite à lire l’article Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes.
Quand j’ai voulu créer mon premier atelier avec Cordemais en permaculture, je ne souhaitais pas recevoir du public dans mon jardin qui est aussi mon lieu de vie. J’ai donc profité d’un jardin partagé mis à disposition par la mairie pour lancer la dynamique collective. La difficulté est de faire vivre ce genre de lieu, car l’on sait que le jardin a besoin de l’œil du jardinier, et qu’il est compliqué de prendre soin d’un terrain quand on y vit pas. Un jardin partagé aura donc besoin d’être animé régulièrement.

Trouver le bon interlocuteur

Si vous ne trouvez pas de jardin préexistant, ou que votre collectif ne peut pas s’y intégrer, vous pouvez chercher à créer un nouveau jardin partagé. Si vous êtes un collectif de voisins habitants dans un groupement d’habitats, vous pouvez demander au syndicat de copropriété, au bailleur social ou à la mairie de vous mettre à disposition un morceau de terrain. Préparer bien votre argumentaire avant d’aller les voir et prenez conscience que planter un arbre vous engagera peut-être à vous en occuper pendant plusieurs années. Avoir quelque chose a demander, c’est anticiper les arguments qui toucheront votre interlocuteur, qui ne sont pas forcément ceux qui vous motivent. Par exemple, quel bénéfice peut en tirer votre élu ? Est-ce que vous êtes ok avec ça ? Peut-être pour convaincre faut-il aussi savoir instaurer un rapport de force. Combien de personnes représentez-vous ?
J’avoue que je n’ai jamais eu à rentrer dans ce genre de considérations, quand on est sincère et motivé, beaucoup de portes s’ouvrent toutes seules.

Chez un particulier ?

Si vous ne trouvez pas de lieu commun pour créer un jardin partagé, vous pouvez commencer à organiser un mouvement collectif en pratiquant chez un particulier. Y-a-t-il parmi vous quelqu’un qui pourrait accueillir un chantier participatif de plantation ? Pourquoi ne pas tourner entre les jardins de plusieurs personnes du groupe ?
Cette démarche de visiter les jardins des uns et des autres et d’y organiser des chantiers participatifs a souvent été remontée au sein de l’association Cordemais en permaculture. Nous ne l’avons jamais mis en place car nous avons déjà des difficultés à prendre soin du jardin partagé collectif. Mais la question reste bien entendu ouverte car elle a tout son sens.
N’y aurait-il pas des personnes prêtes à mettre à disposition une partie de leur jardin? Il existe des associations mettant en relation les jardinier et les personnes âgées ne pouvant plus entretenir leur terrain. Parlez en autour de vous, le bouche à oreille peut très bien fonctionner.

Il est important de trouver un lieu, mais symboliquement, je trouve ça quand même plus intéressant de créer ensemble un lieu collectif qui devienne un patrimoine commun, n’appartenant à personne en particulier, si ce n’est à la commune, au groupe d’immeubles …

Créer une occasion de prendre contact pour amorcer un collectif

Connaissez-vous la règles des 5 W (What Who Where When Why ou en français: Quoi Qui 0ù Quand Pourquoi) ? Ce sont les questions que vous poseront les journalistes. Qu’allez-vous proposer, avec et pour qui, dans un jardin, un bar ou une salle de réunion, le samedi matin ou un soir de semaine, et pour quoi faire ?
Je vous conseille de proposer une activité qui vous corresponde.
Pour ma part, j’ai commencé par proposer une conférence sur le jardinage avec le vivant où je présentais ma démarche et des photos de mon jardin, en passant par une association déjà existante. J’ai ensuite animé un atelier sur le greffage des fruitiers, technique que je maîtrise bien, avec mon association fraîchement créée. Je savais que le greffage intéressait, ce qui se confirme tous les ans lors de cet atelier. Ces deux événements me définissent bien, car j’aime transmettre des connaissance et une vision du monde.
Selon votre personnalité, cela pourrait être
– une rencontre le samedi après midi dans votre jardin ou dans un jardin partagé, pour jardinier et discuter ensemble
– une réunion en semaine à 18h dans un bar pour faire connaissance ou un apéro partagé en extérieur
– une visite d’un jardin extraordinaire proche de chez vous pour s’inspirer
Quelque soit votre choix, il y a des chances qu’il attire des personnes avec lesquelles vous partagez des motivations et des valeurs.

Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes

Créer un collectif ? Vous avez bien intégré que la force de l’humain est de pouvoir soulever des montagnes en s’alliant avec ses semblables, que l’entraide est une caractéristique essentielle des systèmes vivants, aussi importante que la concurrence et la rivalité dans l’évolution des espèces. Il est quand même nécessaire de se poser la question du rôle du collectif. Dans quelle circonstances il sera un atout ou un handicap.

Seul ou à plusieurs ?

Jardiner seul

Pour moi, jardiner est un acte solitaire. Observer son jardin, tailler un arbre pour lui donner la forme voulue, choisir l’emplacement d’une nouvelle plante. Modeler un paysage à son image, créer un jardin comme le reflet de sa propre personnalité, autant d’activités intimement personnelles ne nécessitant pas forcément de partage ou d’actions collectives.

avec l’aide des autres

Un jardin est aussi l’émanation d’un terroir, d’une culture locale, d’un sol, d’un climat partagés avec votre entourage géographique. Qui mieux que vos voisins pourront vous renseigner sur les caractéristiques de votre sol, sur les plantes s’y développant le mieux, sur le meilleur moment pour planter les pommes de terre. Où trouver des végétaux adaptés, des déchets verts, de la paille … encore des problématiques locales auxquelles ne répondront pas les vidéos Youtube, les livres ou les magazines nationaux.

Être jardinier connecté au vivant, c’est donc associer une pratique individuelle du jardinage et des moments d’échange et d’entraide collectifs.

La bonne granularité d’un collectif en permaculture

Il existe des associations fédérant les acteurs de la permaculture à l’échelle d’un département ou d’une région. Si les agendas couvrant le département sont très utiles ainsi que les conférences en ville pour regrouper beaucoup de monde, à mon sens une association de jardinage doit être locale.
A vous de définir quelle est la bonne échelle : le quartier, la commune, la communauté de communes ?
Quand j’ai créé l’association Cordemais en permaculture, j’ai considéré que la bonne échelle était ma commune. Dans les faits, la moitié des adhérents viennent des communes environnantes. L’important c’est de prendre des décisions et d’avancer. Ou bien de ne pas prendre de décision mais avancer tout de même. Viendront ceux qui trouveront la démarche assez intéressante pour se déplacer.

Intégrer plutôt que séparer

Nous avons tous tendance à vouloir créer notre propre bébé – moi en tout cas. Ça n’est pas forcément la meilleur stratégie. Profiter de forces déjà existantes permet d’utiliser directement les énergies d’un groupe. Logiquement, il doit déjà exister des groupes de jardinier, de préservation de l’environnement par chez vous, rencontrez les !

Repérer les collectifs déjà en place – où et comment

Admettons que comme moi vous ne connaissiez personne d’intéressé à priori dans votre voisinage, vous pouvez chercher s’il existe déjà des collectifs dont les objectifs sont proches des vôtres.
Vous pourrez les trouver :
– au forum des associations de votre commune (en général en septembre au moment de la rentrée des classes)
– sur le site Internet de la mairie s’il existe une liste d’associations ou en demandant directement en mairie. N’hésitez pas à chercher dans les communes alentour également.
– sur des sites regroupant les initiatives comme Transiscope, la carte Près chez nous du mouvement des Colibris, des sites plus locaux, comme Iris qui recense les jardins partagés en Loire-Atlantique
– en lisant les journaux, les affiches et les flyers à la boulangerie ou tout autre magasin de proximité

Pour vous impliquer dans votre territoire, vous pourrez également intégrer
– le conseil de développement de votre communauté de commune s’il y en a un : Laboratoire d’idées, le Conseil de Développement est animateur du débat public territorial. Il est constitué de membres bénévoles : citoyens volontaires, associatifs et acteurs socioprofessionnels et organismes publics.
– les instances citoyennes mises en place par votre mairie par exemple autour de l’agenda 21 s’il y en a.

Participer et rencontrer tous ces groupes vous permettra de mieux comprendre votre territoire, ce qui essentiel pour avoir un impact sur le long terme. Mais vous n’en avez pas besoin pour agir tout de suite et maintenant.

Repérer les personnes intéressées localement

Vous souhaitez rencontrer du monde rapidement, recherchez les bonnes volontés
– sur les forums généralistes regroupant des personnes de votre commune, par exemple sur Facebook L’actu à St Étienne de montluc & ses alentours, L’Actu de Savenay et alentours 😊, Vivre dans CC Savenay & Cordemais-Pontchâteau & St Gildas-Blain… sur ces groupes vous pouvez lancer une bouteille à la mer du style

Bonjour, je cherche à fédérer localement des personnes autour des principes de la permaculture. L’objectif est de se rencontrer et de planter des arbres ensemble. Contactez moi si ça vous intéresse

Vous pouvez également partager cette page pour expliquer la démarche.
– sur les forums Facebook de permaculture locaux. Consultez l’annuaire des groupes permaculture par thèmes et par localités.

Tous ces lieux où vous avez cherché seront des lieux où vous pourrez communiquer lorsque vous proposerez des événements. C’est le sujet de l’article Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur.

Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur

Capitaliser

J’entends par capitaliser conserver des traces de tous les travaux et recherches pour les valoriser. Toute action est une expérience qui doit être documentée pour resservir plus tard, à vous ou à d’autres.
Par exemple, quand vous chercherez si d’autres collectifs existent déjà par chez vous, pensez que quand vous aurez créés votre collectif, d’autres pourront vous trouver par les mêmes moyens. Pensez donc à vous inscrire sur les annuaires, à communiquer sur les forums, à vous manifester auprès de votre commune et à participer aux événements et forum des associations.
La façon que j’ai choisie pour capitaliser est de créer un site Internet et d’y ajouter une page avec un annuaire des associations du coin Autres associations en Estuaire et Sillon. Un simple bloc note ou fichier texte peut convenir pour commencer. Certains outils numériques peuvent être mis en place assez tôt selon vos facilités avec l’informatique.
De la même façon, je prends des notes de toutes les réunions et conférences auxquelles je participe, de toutes les vidéos que je regarde. C’est ainsi que je me suis créé une importante base documentaire dans laquelle je puise régulièrement.

Prendre contact

A chaque événement auquel vous participer, pensez à collecter des adresses emails, tout simplement en mettant à disposition une feuille où les personnes qui le souhaitent laisseront leurs coordonnées. Ceux sont des sympathisants, vous pourrez les inscrire à votre lettre d’information. J’ai récupéré comme ça des dizaines de mails à la fin des conférences ou des ciné débats. J’ai ainsi pu communiquer à ces personnes les dates de mes premiers ateliers.

Donner à voir ce que l’on fait

La communication est essentielle pour inspirer les personnes extérieures et motiver les membres de l’association.
Il est très important de penser à célébrer les actions passées en se le remémorant régulièrement afin de créer un commun de souvenirs joyeux. Pour cela, vous devez noter tout ce que vous avez fait ensemble et le partager sur vos événements.
Par exemple, lorsque vous tenez le stand de votre association, donnez à voir l’ensemble de vos activités de l’année écoulée, et insistez sur les réussites.
Soyez visuels ! Comme vous pouvez le voir en illustration de cet article, il n’y a pas besoin de savoir dessiner pour représenter de l’information de manière graphique efficace.

Se valoriser en restant honnête

Pour attirer, il faut avoir quelque chose à proposer. Vous pouvez prendre des photos de votre jardin, partager du contenu qui vous inspire ou simplement votre enthousiasme pour un programme de plantation de haies fruitières dès l’automne.
L’essentiel est de valoriser vos actions, dans le sens qu’elles doivent avoir de la valeur. Il faut raconter une belle histoire, mais pas être malhonnête pour autant. Il est possible d’être lucide par rapport à l’état de la biosphère et trouver très positif de planter des arbres fruitiers avec ses voisins. Dire que ça va changer le monde, c’est de la naïveté ou de la manipulation.

Argent ou pas ?

Donner un prix à vos interventions les valorisera pour les personnes extérieures. C’est le choix que j’ai fait initialement et qui a été validé par les coordinateurs de l’association un an plus tard : argent et tarif au sein de l’asso.
Nous sommes tous comme ça, nous ne nous engageons que si l’on a le sentiment que le temps passé sera rentabilisé, car nous manquons tous de temps.
Même en tant que bénévole les interventions ne sont pas gratuites. Nous faisons en sorte que cette monétarisation ne soit pas bloquante en rendant facultatives pour les adhérents la participation financière à certains événements. Cette monétarisation nous permet ensuite d’acheter des biens en communs comme des livres ou du matériel.
Enfin n’oubliez pas qu’une décision prise à un moment donné peut toujours être modifiée plus tard, l’essentiel est d’avancer, d’être honnête et transparent.

Les outils pour s’organiser en ligne

Il est question ici des outils que vous pouvez utiliser en numérique. Attention à ce que ceux ci ne prennent pas le pas sur les supports de communication « dans la vraie vie » que sont les affiches dans les commerces, les journaux papiers, radio, télé … et les discussions.

Communiquer en interne au groupe

L’idéal est de pouvoir se voir régulièrement pour pouvoir échanger directement. Mais nos emplois du temps n’étant pas toujours compatibles, et afin que les discussions puissent continuer entre les réunions, il est utile de mettre en place des outils numériques.
Attention cependant à ce que l’utilisation de ces outils ne mette personne à l’écart. Il est important que les échanges effectués sur des canaux que tout le monde n’utilise pas soient synthétisés à intervalle réguliers pour l’ensemble du groupe.

Le groupe de discussion

Le groupe de discussion permet d’utiliser une seule adresse email pour envoyer un message à tous les membres de la liste. Par exemple, je cherche de la paille bio pour mon poulailler, j’envoie un email à adherents_mon_asso@deslistes.org pour demander si quelqu’un sait où trouver ça.
Les adhérents reçoivent le message sur leur propre adresse email et répondent à l’adresse émettrice qui est adherents_mon_asso@deslistes.org.
Les avantages sont que :
– la liste des inscrits est gérée à un seul endroit, vous n’oublierez jamais un destinataire
– chacun gère sa propre adresse email. Pour ne plus recevoir les emails, il suffit de se désinscrire. Il est également possible de recevoir uniquement un mail récapitulatif à intervalle régulier, par exemple une fois par semaine.
– les membres de la liste ne voient pas les adresses mail des autres membres
– tous les messages sont archivés et accessibles
– si le nom de la liste est clair, vous savez pourquoi vous recevez ce message

Une offre libre et gratuite : Framaliste
Une autre offre gratuite : Google Groups

L’espace collaboratif

Un espace collaboratif permet d’engager et d’archiver des discussions entre membres d’un collectif.
Cela peut être un groupe Facebook (fermé ou public), un Slack (gratuit pour les petites organisations) ou un Framateam (libre et gratuit).

Slack

Slack est un espace collaboratif divisés en chaînes, auxquelles il convient de s’inscrire.

Se mettre d’accord sur une date de réunion

L’outil libre et gratuit Framadate permet de créer simplement un sondage pour déterminer collectivement une date de rendez-vous convenant à un maximum de membres de la communauté.

Communiquer avec son groupe et le monde

Site Internet et blog

Créer un blog est assez simple et peut se faire gratuitement. C’est une bonne façon de communiquer régulièrement des actions en cours. Mais attention, le blog sera peut être le premier contact qu’auront des personnes avec votre organisation. N’oubliez pas, « on a une seule occasion de faire un bonne première impression« .
Je conseille donc de contrôler particulièrement les premières pages qui s’affichent. Vous pouvez l’observer sur le site de Cordemais en permaculture ou sur ce site.

Facebook

Créer un page Facebook ne devrait être utilisé que pour communiquer et non pour publier du contenu et l’archiver. N’oubliez pas, les plate-formes privées (Facebook, Google, Slack …) ont le contrôle sur votre contenu, quand vous les utilisez vous êtes chez elles.

Capitaliser, c’est aussi écrire des compte-rendus des réunions et les publier. Cela vous permet de synthétiser les propos tenus, de les retenir et de les partager avec ceux qui n’étaient pas présents.

Partez du principe que tout ce qui n’est pas explicitement confidentiel est public. Donnez la possibilité aux observateurs externes de voir comment fonctionne votre groupe. Cela leur donnera peut-être envie de vous rejoindre ou de vous imiter.

La lettre d’information régulière

Elle peut être hebdomadaire, mensuelle et est destinée à tous les sympathisants. Elle permet à chacun de connaître l’état d’avancement de vos projets, les actions passées et à venir de l’association.
Soyez visuels ! Les photos, la facilitation graphique permettent de passer des messages de manière très efficace.
La régularité est importante, chaque lettre est une occasion de rappeler à tout le monde que l’association est active.
Vous utiliserez des outils spécifiques pour envoyer des mails d’un expéditeur vers plusieurs destinataires, ce qu’on appelle une liste de diffusion.
Des outils gratuits pour un nombre limité de destinataires : MailChimp, Send in blue.
Des hébergeurs d’accès tels que OVH proposent également une offre payante.

Gratuit ou payant ?

Dans un souci d’indépendance et de protections des données, je vous conseille d’éviter au mieux les offres des géants du Web. Lire à ce propos : Dégooglisons Internet. Il ne faut cependant pas être dogmatique et savoir choisir la meilleur solution pour son besoin précis.
Parmi les critères déterminants, il y a le prix mais aussi la facilité de mise en place. Veillez à ne pas vous épuiser sur les problématiques techniques !
Peut-on aujourd’hui communiquer sans Facebook, Twitter et autres Instagram ? La réponse vous appartient.

Fertilité du sol et engrais verts

Cet article est le troisième des quatre étapes d’un programme pour créer un collectif local en permaculture afin de passer à l’action collectivement.

Durant chaque étape je vous décris mon expérience de jardinier, de créateur d’association et vous donne des clefs pour mettre en place également des actions efficaces.

Afin que ce programme soit compostable – réutilisable ultérieurement – il est découpé en sous parties que je vous incite à suivre dans l’ordre, en suivant les liens ci-dessous.

3 Semer des engrais verts

3.1 Créer un écosystème

Ce programme est résolument tourné vers l’action, avec des étapes identifiables à des actes de jardinage précis. Pour autant semer des engrais verts s’inscrit dans une démarche systémique qu’il convient de mettre en perspective. L’objectif du jardinier permaculteur est de mettre en place un écosystème auto fertile et résilient : qu’est-ce qu’un écosystème ?

Une coccinelle mangeant un puceron dans les orties

3.2 Prendre soin du vivant

Pour obtenir une vie foisonnante et un jardin débordant de vitalité, il est essentiel de bien comprendre comment fonctionne un sol vivant.

3.3 Nourrir son sol

Selon l’état initial de votre terrain, vous pourrez avoir besoin de l’amender afin de booster sa vie et augmenter rapidement sa fertilité. Ces opérations ayant pour but de créer du sol en le nourrissant sont à différencier d’un simple plan de fertilisation : gestion de la fertilité, engrais et amendements.

La plante crée le sol : les engrais verts

En partant du principe que c’est la plante qui crée le sol, le jardinier s’attachera à utiliser au maximum les rayons du soleil atteignant son terrain afin de stocker cette énergie gratuite sous forme alimentaire ou en créant du sol, donc de la fertilité pour les plantations futures. En ce sens il est important d’allonger les temps d’occupation du sol par les végétaux emplissant une fonction dans le système.

La création de biomasse in situ est primordiale pour rentrer dans un cycle d’auto fertilité encourageant le développement continue du vivant. C’est pourquoi il est judicieux de semer des engrais verts.

Que semer, où et comment ?

Comment toujours, c’est la diversité qui fait la richesse d’un jardin. Essayer de mélanger les espèces végétales afin de varier les hauteurs de pousses, les besoins des plantes, les occupations racinaires. Il existe des mélange prédéfinis d’engrais verts. Penser à implanter des fixateurs d’azote comme fèves, pois, vesce, trèfle… et des céréales anciennes. Si vous connaissez un paysan boulanger, demandez lui des semences.
Au jardin partagé de Cordemais, nous avons semés différents engrais verts côte à côte dans un but pédagogique, pour apprendre à distinguer les différents plantes.

Surtout si les variétés que vous récupérez ont une valeur patrimoniale, conservez les d’une année sur l’autre.

Enfin n’oubliez pas que semer une graine tout comme planter un arbre, c’est s’engager à prendre soin du végétal et s’inclure dans une narration du vivant. Pour qu’elle soit inspirante et donne envie à d’autres de vous rejoindre dans cette aventure, il vous faut raconter une histoire et la diffuser.

Voilà pour cette fois-ci, ce qu’il vous reste à faire : semer des engrais verts pour préparer votre potager du printemps. Prochaine et dernière étape de ce programme : planter une haie fruitière.

Si ça n’est pas déjà fait, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Préparer le terrain

Cet article est la deuxième des quatre étapes d’un programme pour créer un collectif local en permaculture afin de passer à l’action collectivement.

Si ça n’est pas déjà fait, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Durant chaque étape je vous décrirai mon expérience de jardinier, de créateur d’association et vous donnerai des clefs pour mettre en place également des actions efficaces.

Afin que ce programme soit compostable – réutilisable ultérieurement – il est découpé en sous parties que je vous incite à suivre dans l’ordre, en suivant les liens ci-dessous.

2 Préparer le terrain

2.1 Trouver le terrain

Vous ne savez pas encore où vous allez pouvoir implanter votre haie fruitière, voyons ensemble comment trouver un terrain.

2.2 Notions de design en permaculture

Vous avez trouvé un terrain. Afin de préparer l’implantation du futur potager et de la haie fruitière, il convient de choisir leurs emplacements judicieusement. Voyons brièvement l’esprit du
design en permaculture.

Mesures

Pour la haie fruitière, la largeur sera d’environ un mètre pour une longueur de six mètres minimum, si ça correspond à votre terrain. La haie peut être courbe.
Pour les engrais verts, quatre-vingt centimètre de large et deux mètres de long minimum.
Pour le futur potager, c’est à vous de voir en fonction de la place dont vous disposez mais surtout du temps que vous pourrez y consacrer. N’oublier pas le principe de permaculture : commencez petit.

2.3 Préparation du sol

Une fois les emplacements déterminés, si vous le pouvez, je vous conseille de commencer à préparer le sol quelques semaines avant les semis ou les plantations. Dans la pratique, ça n’est pas toujours possible. Voilà les principes directeurs pour préparer une nouvelle zone de culture.

2.4 Où trouver les ressources

Jardiner selon les principes du vivant, bien qu’il s’agisse d’une démarche tendant à l’auto fertilité du jardin, nécessite certaines ressources extérieures comme des déchets verts, du carton, des plantes … Voilà quelques conseils pour trouver des ressources localement.

2.5 Organiser la première rencontre du collectif

Il est temps de passer à l’aspect collectif de votre projet local, rencontrer vos futurs co-équipiers comme évoqué dans l’article Créer une occasion de prendre contact pour amorcer un collectif.
Je vous propose d’organiser une première réunion publique où vous pourrez discuter des premiers sujet de ce programme : quels terrains avons-nous à disposition ? où allons nous trouver les ressources nécessaires ? quand et comment allons-nous procéder ? qui apporte quels outils ? à qui est ouvert le chantier participatif ? comment communique-t-on ? qui contacte la presse locale ? …

2.6 Planifier une intervention sur le terrain

Ne vous quittez pas sans avoir fixé la date de votre prochain rendez-vous, ou sans avoir décidé de la façon dont vous détermineriez cette date, pourquoi pas via un outil numérique.

Si ça n’est pas déjà fait, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Rencontrer et fédérer des personnes en local, on le fait !

Cet article est la première des quatre étapes d’un programme pour créer un collectif local en permaculture afin de passer à l’action collectivement.

Si ça n’est pas déjà fait, inscrivez-vous à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

C’est décidé, vous passez à l’action et dès cet automne vous aurez implanté des arbres et préparé des zones de culture pour la mise en place d’un potager au printemps. Je vais vous accompagner en vous proposant une méthode pas à pas, des pistes que vous serez bien entendu libre de suivre ou non.

Je pratiquerai en même temps que vous dans mon jardin et dans le jardin géré par l’association que j’anime. Je partagerai les résultats, les réussites et les échecs comme nous le faisons depuis 2 ans.
Par exemple, Retour sur la production de pommes de terre de la saison 2018.

Durant chaque étape je vous décrirai mon expérience de jardinier, de créateur d’association et vous donnerai des clefs pour mettre en place également des actions efficaces.

L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul. Ghandi

Afin que ce programme soit compostable – réutilisable ultérieurement en morceaux- il est découpé en sous parties que je vous incite à suivre dans l’ordre, en suivant les liens ci-dessous.

Et si je me plante ?
Comme le dit l’adage, « On naît jardinier et on meure apprenti ». C’est en expérimentant que l’on apprend, pas seulement en lisant des livres et en visionnant des vidéos.

Je ne perds jamais : parfois je gagne, sinon j’apprends. Mandela

1 Fédérer

1.1 Trouver les bonnes personnes

Qui dit collectif dit groupe de personnes. Vous devez commencer par identifier les personnes avec lesquelles vous pourrez vous mettre en mouvement : trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes.

1.2 Valoriser sa démarche

Vous avez commencé à trouver des informations, des personnes. N’attendez pas pour noter, organiser archiver : Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur.

1.3 Outils pour s’organiser

Comment communiquer dans un collectif avant et après les rencontres ? Prendre des décisions sans se réunir ?
Les outils pour s’organiser en ligne.

1.4 Gouvernance partagée et rêve du dragon

Comprendre les dynamiques de groupe, prendre des décisions pour le collectif, inspirer et maintenir un mouvement, autant de clefs essentielles pour la vie de votre organisation.
Pour alléger ce programme, les notions de gouvernance partagée, d’holacraty, sociocratie et rêve du dragon seront vues plus tard.

2 Se rencontrer

Si vous avez contacté des personnes ou des collectifs, il est temps de passer du « y a qu’à faut qu’on » à l’action. Soit vous pouvez rejoindre une dynamique déjà en place, soit vous pouvez proposer un événement pour se rencontrer.

2.1 Créer une occasion de prendre contact

Voici des conseils pour créer un premier événement pour se faire remarquer des personnes que l’on ne connaît pas : Créer une occasion de prendre contact pour amorcer un collectif.

Dans le cadre de notre programme, l’événement peut être tout simplement un rencontre près de chez vous pour discuter de cette démarche de jardinage collectif, pour planter des haies fruitières ensemble.

Durant cette réunion, vous pourrez faire connaissance et discuter du ou des lieux d’implantations potentiels, de l’endroit où vous trouverez vos végétaux et différentes ressources. Tous ces sujets à aborder seront vus dans le détail lors de la prochaine étape qui sera publiée le 4 octobre 2019.

2.2 Communiquer

Chaque action est un événement, penser à raconter une histoire et à la diffuser.
Un intérêt du programme que je vous propose est que vous pouvez vous emparer d’une dynamique commune pour initier votre histoire locale. Ce qui pourrait donner

A « votre village », « Votre nom » a décidé de répondre à une initiative de Territoires vivants pour planter des arbres sans attendre. Il vous invite à le rencontrer pour passer collectivement à l’action : prendre soin du vivant, planter une haie fruitière ensemble et demain partager l’abondance, en toute convivialité.

Le mieux est de personnaliser sa démarche, tout en s’intégrant dans un cadre plus vaste. Ça peut être également la semaine européenne du développement durable (en juin), semaine des alternatives aux pesticides (en mars), la fête des possibles (en septembre)… N’oubliez pas, intégrer plutôt que séparer.

Vous allez maintenant pousser l’information là où vous êtes allés la chercher quand vous souhaitiez trouver des dynamiques similaires à la votre : presse locale, communication officielle de la mairie, affiches dans les commerces, flyers, panneaux sur le bord de la route, réseaux sociaux… Restez simples, efficaces et authentiques dans vos supports.

3 En résumé, ce que vous avez à faire cette semaine

Partagez cette page, allez rencontrer du monde, convoquez la presse pour parler de votre projet.
Choisissez une date et un lieu de rencontre, après le 6 octobre 2019, ce qui vous donnera un peu de temps et vous permettra d’ici là de profiter des conseils de le prochaine étape du programme : préparer le terrain.

Si ça n’est pas déjà fait, inscrivez-vous à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Créer un collectif en permaculture étape par étape

La permaculture est régulièrement citée comme une partie de la solution aux grands maux de notre société. Bien souvent les personnes pensent que jardiner selon les principes de la permaculture est difficile, nécessite de participer à des stages, se former et attendent donc pour se lancer.
Nous nous mettons des barrières qui nous empêchent de passer à l’action.

Explications en vidéo :

Inscrivez-vous à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Voilà le programme :
1- Rencontrer et fédérer des personnes en local, on le fait !
2- Préparer le terrain
3- Semer des engrais verts
4- Planter une haie fruitière

Réchauffement climatique : limitation ou adaptation

Si vous souhaitez limiter le réchauffement global, vos actions d’aujourd’hui auront un impact dans 20 ans, car c’est le temps que mettent les gaz à effets de serre pour avoir une influence sur le climat. C’est important de le faire pour les générations futures mais c’est assez démotivant. Nous nous sentons impuissants par rapport à la taille de l’enjeu : le climat planétaire.
Heureusement il y a un deuxième axe d’action sur lequel on peut avoir un impact direct. C’est l’adaptation aux changements climatiques.
Influer sur la façon dont individuellement dans sa famille et collectivement en local à l’échelle de son quartier, son village, on sera apte à s’adapter au changement climatique et à d’autres bouleversements qui pourraient arriver en raison de la fragilité des systèmes dont nous dépendons.

Planter des arbres

Les arbres s’installent à l’automne. Dès cette année, avant fin décembre 2019 nous allons planter des arbres chez nous ou ailleurs.

Rhubarbe dans la haie fruitière de mon jardin

Si vous ne savez pas comment faire, je vous l’indiquerai. Si vous ne savez pas où le faire, je vous donnerai des pistes pour trouver, en me basant sur mon expérience.
Et vous verrez que la force du collectif peut permettre d’aller plus vite, si on s’organise correctement.

Créer un collectif

Après avoir passé plusieurs années à jardiner seul dans mon jardin, j’ai créé fin 2017 une association d’entraide entre jardiniers, fondée sur les principes de la permaculture.

Plantation collective d’une haie fruitière

C’est une association locale qui organise désormais des troc plantes, des bourses aux graines, des conférences, qui a participé à la mise en place d’une grainothèque, des ciné-débats.

Cordemais En Permaculture

Cet automne, je vais aider ceux qui voudraient créer un collectif à le faire rapidement et efficacement.
Également aider ceux qui ont déjà un collectif à l’animer.

Chantier collectif au jardin partagé

Il suffit de se lancer, ce n’est pas très compliqué. Je l’ai fait, j’aimerais vous faire profiter de cette expérience, gratuitement et librement.

Ce que je vous dirai de faire, je le ferai en même temps que vous et je le documenterai, comme je le fais déjà pour mon jardin. Je ne suis pas là pour vendre du rêve mais pour vous aider à passer à l’action et emmener si possible d’autres personnes à le faire, comprendre par la pratique l’essence de la permaculture.

“J’entends et j’oublie, Je vois et je me souviens, Je fais et je comprends.” Confucius

J’espère vous donner des pistes et une méthode – que vous pourrez suivre ou non – pour passer concrètement à l’action étape par étape en prenant soin du vivant, en plantant des arbres et en fédérant les énergies autour de chez vous.
Vous aurez personnellement un impact positif sur votre environnement direct. Ensemble, nous œuvrerons pour des territoires vivants !

La haie plantée collectivement, 6 mois plus tard

Cela prendra la forme d’un programme où je témoignerai de mon parcours en tant que jardinier pour la mise en place d’un jardin-forêt autour de ma maison et en tant que créateur et animateur d’une association locale Cordemais en permaculture.


Des conseils et retours d’expérience réels afin de donner des clefs et des pistes afin que chacun puisse se mettre en mouvement à son niveau, en bas de chez soi. Bien entendu tout cela reste imparfait, la vie étant complexe et chaque cas particulier, je souhaite seulement à mon niveau aiguiller certains qui ne sauraient pas comment et par où commencer.

On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre ; il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche. Mark Twain

Voilà le programme :
1- Rencontrer et fédérer des personnes en local, on le fait !
2- Préparer le terrain
3- Semer des engrais verts
4- Planter une haie fruitière

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. Mark Twain

Tout cela sera terminé avant l’hiver 2019, 4 étapes de septembre à décembre pour planter des arbres, connaître ses voisins, créer un groupe d’action localement, avoir un impact positif en prenant soin du vivant. Chez nous, on va le faire. Et vous ?

Inscrivez-vous à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).

Préparer une nouvelle zone de culture

Une zone de culture déjà installée ne doit jamais être labourée. Le labour détruit la structure du sol, tue les vers de terre, force la minéralisation de la matière organique, bouleverse la vie du sol, rend la terre vulnérable à la pluie, au soleil, au ruissellement… Selon François Mullet du réseau Maraîchage Sol Vivant un labour à 25cm détruit 80% de l’activité biologique d’un sol.
Cela dit, un sol vivant a besoin de respirer, l’air doit pouvoir y circuler. Les plantes ont besoin également d’un sol léger pour pouvoir plus facilement y insérer leurs racines. Il est donc conseillé les premières années de décompacter le sol à l’aide d’une fourche bêche, une grelinette ou une campagnole. Cette décompaction doit s’opérer sans retournement de la terre, pour ne pas perturber les différents horizons : le sol c’est comme la mer, on ne trouve pas les mêmes organismes selon la profondeur et les milieux.
Les zones de cultures permanentes doivent être au maximum préservées du tassement. Il convient de ne jamais y poser un pied ou une main.
En théorie, au bout de plusieurs années, le sol n’a plus besoin d’être décompacté.
Lire à ce propos : Campagnole, grelinette et fourche bêche, comment décompacter le sol

Mise en place

La première année, afin de décompacter la zone et de booster la vie du sol, il est possible d’incorporer en fin d’été 10 centimètre de matières organiques (BRF, feuilles, compost) intégré en surface. Cela permet d’augmenter rapidement la taux de manière organique et la vie du sol.

Zones de culture décompactées et paillées

Un autre exemple de remise en vie du sol sous serre : décompactage sur 30 cm et mise en place en surface fin novembre sans incorporation de 20 cm de crottin de cheval de boxe sur copeaux + broyat de bois sous une bâche. Le bâchage permet de réchauffer le sol, de maintenir l’humidité du sol même sec au départ et le contrôle des adventices. Dès mi-janvier, la bâche est retirée à mesure des besoins.

Il également possible de disposer du carton directement au sol pour tuer l’herbe, si vous avez quelques semaines devant vous.