Auto fertilité et engrais verts

Idéalement, aucun rayon de soleil ne doit toucher le sol ou le paillage sans être mis à profit pas la photosynthèse. 80% des organismes vivant du sol, en nombre, vivant autour des racines, le paillage sans plante va faire s’effondrer la vie du sol. Il faut chercher à avoir en permanence une plante vivante sur le sol afin d’y maintenir la vie à son maximum et optimiser la production végétale sur chaque zone de culture.
C’est le rôle des engrais verts, semés entre deux cultures quand la zone est habituellement libérée. Ils permettent de créer de la biomasse sur place en créant un couvert végétal protégeant, nourrissant et structurant le sol. Ils ne sont utilisables que sur des zones libres de tous végétaux.
Pour les engrais verts comme pour toutes les cultures, favoriser la diversité des espèces.
Par exemple, à l’automne, après destruction de la culture précédente, semis de l’engrais vert : 80% légumineuse (féverole, vesce, pois fourrager), 20 % céréales (seigle, avoine, blé). Les légumineuses fixeront l’azote de l’air tandis que les céréales décompacteront le sol.

Destruction du couvert

Les couverts coupés à la floraison n’auront pas la force de repartir. Plus tôt, il convient de casser les tiges sans les couper et de pailler avec du BRF, de la paille ou du foin. L’emploi de compost permet de réchauffer plus vite le sol mais s’il est très azoté il risque de favoriser le mildiou.
Les professionnels utilise le rouleau faca pour écraser le couvert. Il convient de semer juste après le couchage du couvert végétal pour éviter les maladies, les risques étant élevés après 8 jours.

Maintien de la fertilité, engrais et amendements

Engrais et amendements

Les amendements sont des apports qui structurent et nourrissent le sol, en opposition aux engrais destinés à alimenter la seule plante cultivée. Les engrais rendent la culture dépendante de l’homme, celui-ci se substituant à la vie du sol pour combler les besoins des plantes. Le paysan est ensuite obligé de protéger les plantes de leur environnement par des pesticides alors que le système naturel devrait remplir ce rôle.

Amendements

Les amendements sont des apports qui structurent et nourrissent le sol, en opposition aux engrais destinés à alimenter la seule plante cultivée. Les engrais rendent la culture dépendante de l’homme, celui-ci se substituant à la vie du sol pour combler les besoins des plantes. L’agriculteur est ensuite obligé de protéger les plantes de leur environnement par des pesticides alors le système naturel devrait remplir ce rôle.
Voici un classement des matières organiques naturelles que le jardinier permaculteur peut apporter pour nourrir son sol et ses plantes.
Dans une éthique de non travail du sol, ces matières doivent être disposées à même le sol ou légèrement incorporées dans les premiers centimètres lors de la mise en place de la zone de culture.
Du plus dur (ligneux) au plus tendre
Le bois mettra très longtemps à se décomposer sauf s’il est réduit en sciure. Il favorisera le développement des champignons (culture de pleurotes possibles), peut servir de paillage durable
Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) est le broyat des petites branches de l’année . Il est riche en lignine mais également en sucres. Incorporé à l’automne dans les premiers centimètres du sol il booste la vie du sol. Une faim d’azote peut avoir lieu au printemps.
La paille servira de paillage protégeant le sol des rayons du soleil donc du dessèchement et de la levée des adventices (plantes non désirées)
Le foin se décomposera plus vite et nourrira plus rapidement le sol. 20 cm en couche permanente permettent de très bons résultats au potager (« Le potager du paresseux »).
La tonte d’herbe est très azotée, peut servir de paillage en fine couche, attention au pourrissement qui peut bloquer l’air et créer une asphyxie du sol
Le compost de déchetterie a été produit en montant à forte température (70°C) sous l’action de bactéries. Il est inerte, exempt de vie et de graines. Il va agir comme un engrais rapidement assimilable par les plantes mais ne stimulera pas la vie du sol. La montée en température correspond à une perte d’énergie qui aurait pu profiter à la vie du sol
Le vermicompost correspond au compost des jardinier produit principalement par l’action des vers de terre épigées. Rapidement assimilable et plein de vie, il agira comme un levain pour le sol
Le fumier animal de vache, de cheval, de poule, de lapin… est très riche en azote et agira comme un engrais, il stimulera la vie microbienne et nourrira directement les plantes. A apporter avec mesure aux plantes très gourmandes (rhubarbe, courges, artichaut…).

De manière générale, le meilleur apport est celui qui est disponible gratuitement sur place.

Apport annuels

Selon Laurent Welsch et Konrad Schreiber du réseau Maraîchage Sol Vivant, une fois la fertilité revenue, il convient d’apporter 2kg par an de matière « équivalent paille » par m².

Les stratégies pour un jardin perpétuel : haie fruitière et succession de cultures

Pour installer durablement des végétaux perpétuels au jardin, nous allons nous inspirer du fonctionnement des écosystèmes naturels, en particulier de la forêt et de la savane.

La haie fruitière

Reproduire l’écosystème de la forêt n’est pas forcément accessible ni intéressant au jardin. En permaculture, l’effet de lisière est recherché : reproduire l’endroit où la forêt et la prairie se rencontre. Le principe de la haie fruitière est d’établir des haies large d’environ 1m50 mettant en place les différentes strates de la forêt : arbre, arbuste, légume, couvre sol, racines et lianes.
Dans ces haies, l’essentiel des végétaux sont perpétuels / vivaces. Les arbres et arbustes servent de tuteur au légumes et les lianes fixent les légumes aux branches. La taille des arbres est utilisée pour pailler le sol non occupé. Il est possible d’utiliser des végétaux fixateur d’azote tels que les légumineuses pour amender le sol tandis que les bulbes tels que les jonquilles jouent l’effet de starter pour le réseau mycorhizien.
Dans tous les cas, c’est la biodiversité de la haie qui renforcera sa résilience,. Cette haie doit tendre à l’auto fertilité.
En plus d’être nourricière elle remplit les rôles principaux d’une haie : brise-vent, brise-vue, cloisonnement de l’espace. Associée à un grillage elle délimitera parfaitement un parc à poules.

Le semi spontané

Afin de favoriser la vie du sol et également le semi spontané, le sol ne doit pas être retourné. De ce fait, seuls les plantes présentes l’année précédente ont la possibilité de voir leurs graines germer. Il s’agit donc de sélectionner des végétaux non hybrides produisant des graines à même de donner de nouveaux plants intéressants. Si beaucoup de plantes identiques poussent au même endroit, il est alors possible d’en déplacer dans le jardin et d’en donner à ses voisins. La bourrache, l’amarante, la roquette sont de bons candidats.
Il est important de laisser monter en graines les plantes s’adaptant le mieux à votre jardin et à votre technique de culture. C’est la sélection végétale pratiquée depuis 10 000 ans par les hommes.

La succession des cultures ?

Afin de maximiser l’utilisation du rayonnement solaire disponible sur le jardin de toute l’année, il est important que le sol soit couvert en permanence par du végétal mettant à profit cette énergie gratuite. Classiquement, l’hiver le potager est recouvert de fèves, choux, poireaux, salades et légumes bisannuels tels que betterave et bettes.
Les autres zones produisent de la biomasse par l’intermédiaire des céréales tels que blé, seigle, avoine ou d’autres engrais verts tels que luzerne, trèfle, phacélie, vesce. L’enjeu du jardin perpétuel est dans la succession de ces cultures afin d’accompagner les rythmes naturels au fil des saisons afin de, tout en limitant les interventions, maximiser la production de nourriture, de vie, de beauté.

Le végétal perpétuel

Le végétal idéal est immortel, produit abondamment toute l’année de la nourriture pour les humains et les animaux, fertilise le sol autour de lui, offre un abri contre le vent et la pluie, produit du bois, de la beauté, des fleurs magnifiques au parfum exquis… Dans la nature tout cela existe mais un seul végétal ne remplit pas toutes ces fonctions.
Pour créer un jardin inscrit dans la durée et afin de minimiser l’énergie que nous lui apporterons, nous recherchons les guilde de végétaux qui rempliront ces fonctions sur de longues périodes, au moins plusieurs années.

Les arbres et arbustes fruitiers

Les arbres et arbustes sont les végétaux à la plus grande longévité. Par exemple, un pommier de 3m de haut peut produire des pommes au bout de 5 ans pendant 25 ans. La même variété de pommier greffé sur un système racinaire plus vigoureux pourra vivre plus longtemps, produire plus abondamment mais sa première mise à fruit sera plus tard tardive et son port sera plus élevé.
Il s’agit donc de choisir ses arbres en fonction de la qualité et la quantité de la production ainsi que de l’espace occupé dans le jardin, qui est souvent le facteur limitant. La temporalité a son importance également, si vous implantez pommier, veillez à ce que leur production soit étalée afin de ne pas avoir à récolter, transformer, consommer les fruits de tous les arbres en même temps.
Les fonctions des arbres et arbustes sont la production de fruits, de bois, d’abris pour les animaux et les végétaux, de support pour les lianes, de litière au sol par la chute de leurs feuilles, de pollen (plantes mellifères)…
Grands arbres : Noyer, chataîgner
Fruitiers : Pommier, poirier, cerisier, prunier, nashi, cognassier, mûrier, figuier
Arbustes – buissons : Amélanchier, noisetier, néflier d’Allemagne et du Japon, sureau, cassissier, groseiller, framboisier, eleagnus Ebingei, aronia, goji
Lianes : Vigne, kiwi, kiwaï, houblon, ronce sans épine

Les vivaces comestibles

La plupart des légumes annuels cultivés aujourd’hui possèdent un équivalent plus rustique ayant la capacité de durer plusieurs années. Leur utilisation nécessite souvent de modifier ses habitudes alimentaires, la production étant moins abondante. Par exemple le poireau perpétuel est beaucoup plus petit que le poireau annuel des maraîchers. Il se récolte en coupant la végétation à ras de terre en laissant le bulbe intact . Ce bulbe recréera de la végétation et se multipliera, ce qui permettra de récolter plusieurs fois par an de plus en plus de poireaux.
Les vivaces remplaçant les annuelles : choux perpétuel de Daubenton, poireau perpétuel, livèche (céleri perpétuel), ail rocambole (bulbilles aérienne en haut de tiges), chervis (ancêtre de la carotte)
Les vivaces : artichaut, cardon, rhubarbe, topinambour, asperge, fraisier, oignon patate
Les aromatiques : romarin, thym, ciboulette, menthe, sauge, oseille, mélisse
Les sauvages : ortie, pissenlit, consoude

Les annuels se ressemant

Certains végétaux ou fleurs annuels ou bisannuels (montant en graines la deuxième année) se ressèment tout seul. Il suffit d’en laisser certains poursuivre le cours naturel de leur végétation pour qu’ils disséminent leurs graines. Par exemple, l’arroche mauve est difficile à semer mais se ressème très bien naturellement.
Les graines qui pousseront spontanément le feront au bon moment et se développeront dans les meilleurs conditions. De cette façon certains plants de tomates issus de fruits tombés au sol rattrapent le développement des pieds semés sous serre quand les conditions deviennent favorables. Alors pourquoi ne pas laisser les plantes se reproduire spontanément ? Allier les deux stratégies : plantes spontanées et récolte de graines.
Quelques plantes se ressemant toutes seules : Arroche, salade, bourrache, pomme de terre, oca du Pérou, amarante, roquette, topinambour

Créer un écosystème

L’objectif du permaculteur est de créer un écosystème autonome, durable dans le temps et s’améliorant année après année, en s’inspirant des systèmes naturels. Dans une dynamique de jardin vivant, il s’agit de prendre soin de la bonne santé du sol, des végétaux et des animaux et de penser les humains (vous), leur habitat (votre maison) et leur jardin comme un ensemble symbiotique, un être vivant.

Autonomie

L’autonomie au jardin consiste à limiter voir supprimer les intrants afin de ne pas gaspiller d’énergie. Voici les besoins du jardin et les intrants habituels pour lesquels une stratégie doit être mise en œuvre :
fertilité du sol : import d’engrais, paillage, pesticides, eau d’arrosage…
nouvelles plantes : achat d’arbres, plantes annuelles, graines…
infrastructure : achat de piquets, ficelle, serres, voiles…
énergie : travail du jardinier pour la préparation du sol, les semis, l’arrosage, la taille…
Idéalement un jardin perpétuel est indépendant du jardinier, il continue à produire même abandonné.
Le jardinier ne doit plus avoir pour fonction que de se servir – manger – et intervenir au minimum. Nous devons donc comprendre comment fonctionne le vivant et l’observer afin de l’accompagner.
C’est l’œuvre d’une vie 😉

Ecosystème

Les écosystèmes naturels sont beaucoup plus productifs que les champs cultivés. Il s’agit donc d’étudier les différents écosystèmes afin de trouver des solutions à adapter à nos jardins selon nos objectifs .

La forêt

La forêt est notre climax, l’état final de la succession écologique créant un équilibre dans l’écosystème. Elle a une grande capacité à produire du bois, est une zone sauvage refuge pour de nombreux animaux mais n’a pas un fort potentiel nutritionnel, sauf à planter des arbres de haut-jets remplissant des fonctions alimentaires tels que les châtaigniers, noyers, noisetiers…

La savane

La savane est une zone de prairie parsemée d’arbres. Les grands herbivores (bisons, chevaux, antilopes …) la parcourt en troupeaux, détruisant le couvert de graminées par ingestion et par piétinement et fertilisant le sol de leurs déjection. La prairie bocagère peut être assimilée à la savane.

Qu’est-ce qu’un sol vivant ?

Chacun sait que les plantes captent les nutriments dans le sol par leurs racines. Pour faire pousser des légumes rapidement, le jardinier s’applique donc à apporter des éléments tout de suite assimilables, ce sont les fameux N (azote) P (phosphore) et K (potassium) des engrais.
Ces engrais de synthèses sont le fondement de la révolution verte qui a permis d’augmenter considérablement les rendements à partir des années 1950.

La disponibilité dans le sol de ces éléments minéraux a permis aux végétaux de se libérer de la symbiose avec les champignons essentielle en milieu naturel. En effet, naturellement 90% des plantes sont mycorhizées : elles délèguent à des champignons le soin de capter dans le sol les minéraux et l’eau nécessaires à leur croissance. En contre partie, le végétal cède à ses champignons environs 30% des sucres produits par la photosynthèse. Ces échanges s’adaptant aux besoins de chacun des partenaires, lorsque la plante est capable de capter par elle même des engrais solubles dans le sol via ses propres racines, elle cesse la symbiose et arrête de nourrir ses champignons. La plante devient alors dépendante de l’agriculteur qui la nourrit.
Un souci de ce mode de fonctionnement, en plus du fait que les engrais nécessitent beaucoup d’énergie pour être synthétisés, est que le champignon apporte d’autres services à la plante, dont une meilleur résistance aux maladies et aux attaques extérieures par un renforcement des défenses immunitaires du végétal. L’apport d’engrais en limitant les symbioses va diminuer la capacité des cultures à s’adapter à leur environnement. C’est pourquoi l’agriculture moderne conventionnelle s’applique à aseptiser les champs afin de protéger des plantes incapables de résister aux conditions extérieures.
Dans une logique de résilience, lorsque l’on souhaite installer un système de cultures pérennes, il s’agit donc de nourrir non plus seulement les plantes mais également tout le système sol dont font partie les champignons ainsi que des bactéries, des insectes, des vers de terre essentiels à la fertilité dans un milieu naturel.

Deux principes émergent pour encourager la vie du sol
1. perturber le moins possible le sol en cessant le labour
2. nourrir le système sol

De manière simplifiée, le sol mange du végétal. Plus ce végétal est dur (ou ligneux) plus il sera long à digérer mais plus il apportera d’énergie au sol.

Par exemple , la lignine du bois sera décomposée par un champignon, qui sera brouté par un collembole, dont les excréments fortement azotés seront minéralisés par des bactéries.

Un vers de terre anécique mange les déchets végétaux en surface et rejette de la matière organique en profondeur. Cette matière est soit directement assimilable par les plantes, soit crée le complexe argilo-humique.

Schématiquement, le sol mange le carbone et rejette de l’azote disponible pour les plantes.
On peut faire la comparaison avec les sucres pour les animaux :
– herbe, végétal très tendre = sucre rapide (on parle d’apports azotés) rapidement assimilé par le sol
– bois, très dur = sucre lent (apport carboné), stimule d’avantage la vie du sol, apport bénéfique à plus long terme.

Le sol peut être considéré comme un être vivant, il a besoin d’air pour respirer, il possède des organes (la structure du sol) et ne doit donc pas être passé au mixeur (charrue).
La fertilité d’un sol vivant est définie par
1. sa structure
2. la vie qu’il héberge
3. son taux de matière organique
L’objectif du jardinier est de booster la vie de son sol afin de décupler la fertilité, la capacité de stockage d’eau, la résistance au lessivage et la résilience des plantes.

Trouver des ressources localement

Nos territoires regorgent de ressources, qui sont souvent considérées comme des déchets. Voyons comment les capter pour les valoriser en local. Nous ne traitons pas ici de « ressources humaines » comme il est dit en milieu professionnel, nous avons abordé ce point dans l’article comment trouver les bonnes personnes.

Les déchets des uns sont les ressources des autres

Commençons par citer un des fondateurs de la permaculture :

Un déchet est une ressource inexploitée. Bill Molisson

Capter les rebus souvent destinés à l’incinération ou à l’enfouissage est noble à bien des égards : vous transformez un problème global en solution locale.

Le problème est la solution. Bill Molisson

Un annuaire des ressources

Lister les ressources dont vous avez besoin dans votre jardin, et cherchez quelle pourrait être la source la plus proche et allant dans le sens de la vie.

L’exemple de la matière organique

Par exemple, je sais que, selon le réseau Maraîchage sur Sol Vivant, j’ai besoin d’apporter 2 kg de matière « équivalent paille » par m2 par an à mon sol pour entretenir sa fertilité.
Comment cela fonctionne-t-il naturellement ? En forêt, les feuilles mortes et le bois mort se déposent au sol. Puis-je en faire autant dans mon jardin ? Selon la surface de votre terrain, cela peut-être un objectif à moyen terme. La proportion de un tiers de la superficie du jardin dédiée à la production de matière organique est souvent donnée. A court terme, vous devrez certainement importer des végétaux. Ai-je des ressources locales ? Les plus proches sont vos voisins ? Pouvez-vous leur demander de vous déposer leurs tontes de gazon et leurs feuilles mortes ? Ensuite, il y a les paysagistes, les services techniques de la mairie, la déchetterie…
Vous pouvez utiliser de la paille ou du foin, plus chers mais simple d’utilisation et parfois plus esthétiques.

Les plate-formes de compostage sont des belles ressources de matière organique

Où trouver des plantes

Une fois encore, cherchez au plus proche et dans le sens du vivant. L’idéal est de récupérer des plantes auprès de sa famille, ses amis, ses voisins. Ensuite, il existe des trocs de plantes locauxs, des trocs graines, des grainothèques ou des particuliers s’échangent, distribuent l’abondance des végétaux de leurs jardins. Encore une fois, constituez-vous un annuaire ou un agenda de ces rencontres. Si il n’y en a pas proche de chez vous, pourquoi ne pas en créer ?
C’est ce que nous avons fait avec Cordemais en permaculture, lors d’échanges autour de la grainothèque.

Vous pouvez aussi chercher du carton, de la sciure de bois pour équilibrer un compost … pour chaque besoin constituez vous un annuaire collectif. Il peut être écrit, ou oral. A Cordemais en permaculture, certaines informations qui peuvent être publiques sont référencées sur un page nommée Par chez nous.
Ces réponses que vous allez trouver à vos besoins en demandant autour de vous, en rencontrant la mairie ou différents acteurs deviennent un patrimoine de votre association sur lequel il me semble important de capitaliser.
Autant d’informations qui permettront à d’autres personnes de votre territoire de gagner du temps dans leurs démarches pour leurs propres jardins.

Comment trouver un terrain pour un projet collectif

Qu’il s’agisse de planter des arbres, créer un potager collectif, un jardin partagé, la première question qui se pose pour beaucoup est : mais où donc vais-je trouver un terrain ?
Puisqu’il s’agit d’un projet collectif, la démarche étant de créer un patrimoine commun, l’idéal pour moi est que le terrain n’appartienne à personne en particulier.

Le jardin partagé

Dans la logique d’intégrer plutôt que séparer, cherchez d’abord s’il n’existerait pas déjà un jardin partagé ou un terrain collectif que vous pourriez rejoindre pour vos projets. Pour savoir comment repérer les collectifs déjà en place, je vous invite à lire l’article Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes.
Quand j’ai voulu créer mon premier atelier avec Cordemais en permaculture, je ne souhaitais pas recevoir du public dans mon jardin qui est aussi mon lieu de vie. J’ai donc profité d’un jardin partagé mis à disposition par la mairie pour lancer la dynamique collective. La difficulté est de faire vivre ce genre de lieu, car l’on sait que le jardin a besoin de l’œil du jardinier, et qu’il est compliqué de prendre soin d’un terrain quand on y vit pas. Un jardin partagé aura donc besoin d’être animé régulièrement.

Trouver le bon interlocuteur

Si vous ne trouvez pas de jardin préexistant, ou que votre collectif ne peut pas s’y intégrer, vous pouvez chercher à créer un nouveau jardin partagé. Si vous êtes un collectif de voisins habitants dans un groupement d’habitats, vous pouvez demander au syndicat de copropriété, au bailleur social ou à la mairie de vous mettre à disposition un morceau de terrain. Préparer bien votre argumentaire avant d’aller les voir et prenez conscience que planter un arbre vous engagera peut-être à vous en occuper pendant plusieurs années. Avoir quelque chose a demander, c’est anticiper les arguments qui toucheront votre interlocuteur, qui ne sont pas forcément ceux qui vous motivent. Par exemple, quel bénéfice peut en tirer votre élu ? Est-ce que vous êtes ok avec ça ? Peut-être pour convaincre faut-il aussi savoir instaurer un rapport de force. Combien de personnes représentez-vous ?
J’avoue que je n’ai jamais eu à rentrer dans ce genre de considérations, quand on est sincère et motivé, beaucoup de portes s’ouvrent toutes seules.

Chez un particulier ?

Si vous ne trouvez pas de lieu commun pour créer un jardin partagé, vous pouvez commencer à organiser un mouvement collectif en pratiquant chez un particulier. Y-a-t-il parmi vous quelqu’un qui pourrait accueillir un chantier participatif de plantation ? Pourquoi ne pas tourner entre les jardins de plusieurs personnes du groupe ?
Cette démarche de visiter les jardins des uns et des autres et d’y organiser des chantiers participatifs a souvent été remontée au sein de l’association Cordemais en permaculture. Nous ne l’avons jamais mis en place car nous avons déjà des difficultés à prendre soin du jardin partagé collectif. Mais la question reste bien entendu ouverte car elle a tout son sens.
N’y aurait-il pas des personnes prêtes à mettre à disposition une partie de leur jardin? Il existe des associations mettant en relation les jardinier et les personnes âgées ne pouvant plus entretenir leur terrain. Parlez en autour de vous, le bouche à oreille peut très bien fonctionner.

Il est important de trouver un lieu, mais symboliquement, je trouve ça quand même plus intéressant de créer ensemble un lieu collectif qui devienne un patrimoine commun, n’appartenant à personne en particulier, si ce n’est à la commune, au groupe d’immeubles …

Créer une occasion de prendre contact pour amorcer un collectif

Connaissez-vous la règles des 5 W (What Who Where When Why ou en français: Quoi Qui 0ù Quand Pourquoi) ? Ce sont les questions que vous poseront les journalistes. Qu’allez-vous proposer, avec et pour qui, dans un jardin, un bar ou une salle de réunion, le samedi matin ou un soir de semaine, et pour quoi faire ?
Je vous conseille de proposer une activité qui vous corresponde.
Pour ma part, j’ai commencé par proposer une conférence sur le jardinage avec le vivant où je présentais ma démarche et des photos de mon jardin, en passant par une association déjà existante. J’ai ensuite animé un atelier sur le greffage des fruitiers, technique que je maîtrise bien, avec mon association fraîchement créée. Je savais que le greffage intéressait, ce qui se confirme tous les ans lors de cet atelier. Ces deux événements me définissent bien, car j’aime transmettre des connaissance et une vision du monde.
Selon votre personnalité, cela pourrait être
– une rencontre le samedi après midi dans votre jardin ou dans un jardin partagé, pour jardinier et discuter ensemble
– une réunion en semaine à 18h dans un bar pour faire connaissance ou un apéro partagé en extérieur
– une visite d’un jardin extraordinaire proche de chez vous pour s’inspirer
Quelque soit votre choix, il y a des chances qu’il attire des personnes avec lesquelles vous partagez des motivations et des valeurs.

Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes

Créer un collectif ? Vous avez bien intégré que la force de l’humain est de pouvoir soulever des montagnes en s’alliant avec ses semblables, que l’entraide est une caractéristique essentielle des systèmes vivants, aussi importante que la concurrence et la rivalité dans l’évolution des espèces. Il est quand même nécessaire de se poser la question du rôle du collectif. Dans quelle circonstances il sera un atout ou un handicap.

Seul ou à plusieurs ?

Jardiner seul

Pour moi, jardiner est un acte solitaire. Observer son jardin, tailler un arbre pour lui donner la forme voulue, choisir l’emplacement d’une nouvelle plante. Modeler un paysage à son image, créer un jardin comme le reflet de sa propre personnalité, autant d’activités intimement personnelles ne nécessitant pas forcément de partage ou d’actions collectives.

avec l’aide des autres

Un jardin est aussi l’émanation d’un terroir, d’une culture locale, d’un sol, d’un climat partagés avec votre entourage géographique. Qui mieux que vos voisins pourront vous renseigner sur les caractéristiques de votre sol, sur les plantes s’y développant le mieux, sur le meilleur moment pour planter les pommes de terre. Où trouver des végétaux adaptés, des déchets verts, de la paille … encore des problématiques locales auxquelles ne répondront pas les vidéos Youtube, les livres ou les magazines nationaux.

Être jardinier connecté au vivant, c’est donc associer une pratique individuelle du jardinage et des moments d’échange et d’entraide collectifs.

La bonne granularité d’un collectif en permaculture

Il existe des associations fédérant les acteurs de la permaculture à l’échelle d’un département ou d’une région. Si les agendas couvrant le département sont très utiles ainsi que les conférences en ville pour regrouper beaucoup de monde, à mon sens une association de jardinage doit être locale.
A vous de définir quelle est la bonne échelle : le quartier, la commune, la communauté de communes ?
Quand j’ai créé l’association Cordemais en permaculture, j’ai considéré que la bonne échelle était ma commune. Dans les faits, la moitié des adhérents viennent des communes environnantes. L’important c’est de prendre des décisions et d’avancer. Ou bien de ne pas prendre de décision mais avancer tout de même. Viendront ceux qui trouveront la démarche assez intéressante pour se déplacer.

Intégrer plutôt que séparer

Nous avons tous tendance à vouloir créer notre propre bébé – moi en tout cas. Ça n’est pas forcément la meilleur stratégie. Profiter de forces déjà existantes permet d’utiliser directement les énergies d’un groupe. Logiquement, il doit déjà exister des groupes de jardinier, de préservation de l’environnement par chez vous, rencontrez les !

Repérer les collectifs déjà en place – où et comment

Admettons que comme moi vous ne connaissiez personne d’intéressé à priori dans votre voisinage, vous pouvez chercher s’il existe déjà des collectifs dont les objectifs sont proches des vôtres.
Vous pourrez les trouver :
– au forum des associations de votre commune (en général en septembre au moment de la rentrée des classes)
– sur le site Internet de la mairie s’il existe une liste d’associations ou en demandant directement en mairie. N’hésitez pas à chercher dans les communes alentour également.
– sur des sites regroupant les initiatives comme Transiscope, la carte Près chez nous du mouvement des Colibris, des sites plus locaux, comme Iris qui recense les jardins partagés en Loire-Atlantique
– en lisant les journaux, les affiches et les flyers à la boulangerie ou tout autre magasin de proximité

Pour vous impliquer dans votre territoire, vous pourrez également intégrer
– le conseil de développement de votre communauté de commune s’il y en a un : Laboratoire d’idées, le Conseil de Développement est animateur du débat public territorial. Il est constitué de membres bénévoles : citoyens volontaires, associatifs et acteurs socioprofessionnels et organismes publics.
– les instances citoyennes mises en place par votre mairie par exemple autour de l’agenda 21 s’il y en a.

Participer et rencontrer tous ces groupes vous permettra de mieux comprendre votre territoire, ce qui essentiel pour avoir un impact sur le long terme. Mais vous n’en avez pas besoin pour agir tout de suite et maintenant.

Repérer les personnes intéressées localement

Vous souhaitez rencontrer du monde rapidement, recherchez les bonnes volontés
– sur les forums généralistes regroupant des personnes de votre commune, par exemple sur Facebook L’actu à St Étienne de montluc & ses alentours, L’Actu de Savenay et alentours 😊, Vivre dans CC Savenay & Cordemais-Pontchâteau & St Gildas-Blain… sur ces groupes vous pouvez lancer une bouteille à la mer du style

Bonjour, je cherche à fédérer localement des personnes autour des principes de la permaculture. L’objectif est de se rencontrer et de planter des arbres ensemble. Contactez moi si ça vous intéresse

Vous pouvez également partager cette page pour expliquer la démarche.
– sur les forums Facebook de permaculture locaux. Consultez l’annuaire des groupes permaculture par thèmes et par localités.

Tous ces lieux où vous avez cherché seront des lieux où vous pourrez communiquer lorsque vous proposerez des événements. C’est le sujet de l’article Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur.