Créer un écosystème

L’objectif du permaculteur est de créer un écosystème autonome, durable dans le temps et s’améliorant année après année, en s’inspirant des systèmes naturels. Dans une dynamique de jardin vivant, il s’agit de prendre soin de la bonne santé du sol, des végétaux et des animaux et de penser les humains (vous), leur habitat (votre maison) et leur jardin comme un ensemble symbiotique, un être vivant.

Autonomie

L’autonomie au jardin consiste à limiter voir supprimer les intrants afin de ne pas gaspiller d’énergie. Voici les besoins du jardin et les intrants habituels pour lesquels une stratégie doit être mise en œuvre :
fertilité du sol : import d’engrais, paillage, pesticides, eau d’arrosage…
nouvelles plantes : achat d’arbres, plantes annuelles, graines…
infrastructure : achat de piquets, ficelle, serres, voiles…
énergie : travail du jardinier pour la préparation du sol, les semis, l’arrosage, la taille…
Idéalement un jardin perpétuel est indépendant du jardinier, il continue à produire même abandonné.
Le jardinier ne doit plus avoir pour fonction que de se servir – manger – et intervenir au minimum. Nous devons donc comprendre comment fonctionne le vivant et l’observer afin de l’accompagner.
C’est l’œuvre d’une vie 😉

Ecosystème

Les écosystèmes naturels sont beaucoup plus productifs que les champs cultivés. Il s’agit donc d’étudier les différents écosystèmes afin de trouver des solutions à adapter à nos jardins selon nos objectifs .

La forêt

La forêt est notre climax, l’état final de la succession écologique créant un équilibre dans l’écosystème. Elle a une grande capacité à produire du bois, est une zone sauvage refuge pour de nombreux animaux mais n’a pas un fort potentiel nutritionnel, sauf à planter des arbres de haut-jets remplissant des fonctions alimentaires tels que les châtaigniers, noyers, noisetiers…

La savane

La savane est une zone de prairie parsemée d’arbres. Les grands herbivores (bisons, chevaux, antilopes …) la parcourt en troupeaux, détruisant le couvert de graminées par ingestion et par piétinement et fertilisant le sol de leurs déjection. La prairie bocagère peut être assimilée à la savane.

Qu’est-ce qu’un sol vivant ?

Chacun sait que les plantes captent les nutriments dans le sol par leurs racines. Pour faire pousser des légumes rapidement, le jardinier s’applique donc à apporter des éléments tout de suite assimilables, ce sont les fameux N (azote) P (phosphore) et K (potassium) des engrais.
Ces engrais de synthèses sont le fondement de la révolution verte qui a permis d’augmenter considérablement les rendements à partir des années 1950.

La disponibilité dans le sol de ces éléments minéraux a permis aux végétaux de se libérer de la symbiose avec les champignons essentielle en milieu naturel. En effet, naturellement 90% des plantes sont mycorhizées : elles délèguent à des champignons le soin de capter dans le sol les minéraux et l’eau nécessaires à leur croissance. En contre partie, le végétal cède à ses champignons environs 30% des sucres produits par la photosynthèse. Ces échanges s’adaptant aux besoins de chacun des partenaires, lorsque la plante est capable de capter par elle même des engrais solubles dans le sol via ses propres racines, elle cesse la symbiose et arrête de nourrir ses champignons. La plante devient alors dépendante de l’agriculteur qui la nourrit.
Un souci de ce mode de fonctionnement, en plus du fait que les engrais nécessitent beaucoup d’énergie pour être synthétisés, est que le champignon apporte d’autres services à la plante, dont une meilleur résistance aux maladies et aux attaques extérieures par un renforcement des défenses immunitaires du végétal. L’apport d’engrais en limitant les symbioses va diminuer la capacité des cultures à s’adapter à leur environnement. C’est pourquoi l’agriculture moderne conventionnelle s’applique à aseptiser les champs afin de protéger des plantes incapables de résister aux conditions extérieures.
Dans une logique de résilience, lorsque l’on souhaite installer un système de cultures pérennes, il s’agit donc de nourrir non plus seulement les plantes mais également tout le système sol dont font partie les champignons ainsi que des bactéries, des insectes, des vers de terre essentiels à la fertilité dans un milieu naturel.

Deux principes émergent pour encourager la vie du sol
1. perturber le moins possible le sol en cessant le labour
2. nourrir le système sol

De manière simplifiée, le sol mange du végétal. Plus ce végétal est dur (ou ligneux) plus il sera long à digérer mais plus il apportera d’énergie au sol.

Par exemple , la lignine du bois sera décomposée par un champignon, qui sera brouté par un collembole, dont les excréments fortement azotés seront minéralisés par des bactéries.

Un vers de terre anécique mange les déchets végétaux en surface et rejette de la matière organique en profondeur. Cette matière est soit directement assimilable par les plantes, soit crée le complexe argilo-humique.

Schématiquement, le sol mange le carbone et rejette de l’azote disponible pour les plantes.
On peut faire la comparaison avec les sucres pour les animaux :
– herbe, végétal très tendre = sucre rapide (on parle d’apports azotés) rapidement assimilé par le sol
– bois, très dur = sucre lent (apport carboné), stimule d’avantage la vie du sol, apport bénéfique à plus long terme.

Le sol peut être considéré comme un être vivant, il a besoin d’air pour respirer, il possède des organes (la structure du sol) et ne doit donc pas être passé au mixeur (charrue).
La fertilité d’un sol vivant est définie par
1. sa structure
2. la vie qu’il héberge
3. son taux de matière organique
L’objectif du jardinier est de booster la vie de son sol afin de décupler la fertilité, la capacité de stockage d’eau, la résistance au lessivage et la résilience des plantes.

Créer et utiliser une carte communautaire

Dans le cadre de la dynamique de création de collectifs en permaculture, nous avons créé une carte collaborative afin que chacun puisse se référencer géographiquement.
Cette carte a plusieurs intérêts : permettre aux personne de se repérer entre elles, montrer la dynamique en cours à l’extérieur de la communauté…

Afin que cette carte soit efficiente, il est important que chacun puisse ajouter lui-même sa position. Voici comment faire :

1 – Se rendre sur la carte collaborative : http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/anonymous-edit/370645:YbK3kYIKMMV-bye_P50V2EWAA1s

2 – Cliquer sur le crayon

3 -Cliquer sur le symbole « Vous êtes ici »


Votre curseur se transforme en croix +.

4 – Cliquer sur l’endroit de la carte que vous souhaitez répertorier puis renseigner les champs nom et description. Vous pouvez y mettre par exemple une adresse web.

5- Cliquer sur enregistrer

6- Désactiver l’édition

Trouver des ressources localement

Nos territoires regorgent de ressources, qui sont souvent considérées comme des déchets. Voyons comment les capter pour les valoriser en local. Nous ne traitons pas ici de « ressources humaines » comme il est dit en milieu professionnel, nous avons abordé ce point dans l’article comment trouver les bonnes personnes.

Les déchets des uns sont les ressources des autres

Commençons par citer un des fondateurs de la permaculture :

Un déchet est une ressource inexploitée. Bill Molisson

Capter les rebus souvent destinés à l’incinération ou à l’enfouissage est noble à bien des égards : vous transformez un problème global en solution locale.

Le problème est la solution. Bill Molisson

Un annuaire des ressources

Lister les ressources dont vous avez besoin dans votre jardin, et cherchez quelle pourrait être la source la plus proche et allant dans le sens de la vie.

L’exemple de la matière organique

Par exemple, je sais que, selon le réseau Maraîchage sur Sol Vivant, j’ai besoin d’apporter 2 kg de matière « équivalent paille » par m2 par an à mon sol pour entretenir sa fertilité.
Comment cela fonctionne-t-il naturellement ? En forêt, les feuilles mortes et le bois mort se déposent au sol. Puis-je en faire autant dans mon jardin ? Selon la surface de votre terrain, cela peut-être un objectif à moyen terme. La proportion de un tiers de la superficie du jardin dédiée à la production de matière organique est souvent donnée. A court terme, vous devrez certainement importer des végétaux. Ai-je des ressources locales ? Les plus proches sont vos voisins ? Pouvez-vous leur demander de vous déposer leurs tontes de gazon et leurs feuilles mortes ? Ensuite, il y a les paysagistes, les services techniques de la mairie, la déchetterie…
Vous pouvez utiliser de la paille ou du foin, plus chers mais simple d’utilisation et parfois plus esthétiques.

Les plate-formes de compostage sont des belles ressources de matière organique

Où trouver des plantes

Une fois encore, cherchez au plus proche et dans le sens du vivant. L’idéal est de récupérer des plantes auprès de sa famille, ses amis, ses voisins. Ensuite, il existe des trocs de plantes locauxs, des trocs graines, des grainothèques ou des particuliers s’échangent, distribuent l’abondance des végétaux de leurs jardins. Encore une fois, constituez-vous un annuaire ou un agenda de ces rencontres. Si il n’y en a pas proche de chez vous, pourquoi ne pas en créer ?
C’est ce que nous avons fait avec Cordemais en permaculture, lors d’échanges autour de la grainothèque.

Vous pouvez aussi chercher du carton, de la sciure de bois pour équilibrer un compost … pour chaque besoin constituez vous un annuaire collectif. Il peut être écrit, ou oral. A Cordemais en permaculture, certaines informations qui peuvent être publiques sont référencées sur un page nommée Par chez nous.
Ces réponses que vous allez trouver à vos besoins en demandant autour de vous, en rencontrant la mairie ou différents acteurs deviennent un patrimoine de votre association sur lequel il me semble important de capitaliser.
Autant d’informations qui permettront à d’autres personnes de votre territoire de gagner du temps dans leurs démarches pour leurs propres jardins.

Comment trouver un terrain pour un projet collectif

Qu’il s’agisse de planter des arbres, créer un potager collectif, un jardin partagé, la première question qui se pose pour beaucoup est : mais où donc vais-je trouver un terrain ?
Puisqu’il s’agit d’un projet collectif, la démarche étant de créer un patrimoine commun, l’idéal pour moi est que le terrain n’appartienne à personne en particulier.

Le jardin partagé

Dans la logique d’intégrer plutôt que séparer, cherchez d’abord s’il n’existerait pas déjà un jardin partagé ou un terrain collectif que vous pourriez rejoindre pour vos projets. Pour savoir comment repérer les collectifs déjà en place, je vous invite à lire l’article Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes.
Quand j’ai voulu créer mon premier atelier avec Cordemais en permaculture, je ne souhaitais pas recevoir du public dans mon jardin qui est aussi mon lieu de vie. J’ai donc profité d’un jardin partagé mis à disposition par la mairie pour lancer la dynamique collective. La difficulté est de faire vivre ce genre de lieu, car l’on sait que le jardin a besoin de l’œil du jardinier, et qu’il est compliqué de prendre soin d’un terrain quand on y vit pas. Un jardin partagé aura donc besoin d’être animé régulièrement.

Trouver le bon interlocuteur

Si vous ne trouvez pas de jardin préexistant, ou que votre collectif ne peut pas s’y intégrer, vous pouvez chercher à créer un nouveau jardin partagé. Si vous êtes un collectif de voisins habitants dans un groupement d’habitats, vous pouvez demander au syndicat de copropriété, au bailleur social ou à la mairie de vous mettre à disposition un morceau de terrain. Préparer bien votre argumentaire avant d’aller les voir et prenez conscience que planter un arbre vous engagera peut-être à vous en occuper pendant plusieurs années. Avoir quelque chose a demander, c’est anticiper les arguments qui toucheront votre interlocuteur, qui ne sont pas forcément ceux qui vous motivent. Par exemple, quel bénéfice peut en tirer votre élu ? Est-ce que vous êtes ok avec ça ? Peut-être pour convaincre faut-il aussi savoir instaurer un rapport de force. Combien de personnes représentez-vous ?
J’avoue que je n’ai jamais eu à rentrer dans ce genre de considérations, quand on est sincère et motivé, beaucoup de portes s’ouvrent toutes seules.

Chez un particulier ?

Si vous ne trouvez pas de lieu commun pour créer un jardin partagé, vous pouvez commencer à organiser un mouvement collectif en pratiquant chez un particulier. Y-a-t-il parmi vous quelqu’un qui pourrait accueillir un chantier participatif de plantation ? Pourquoi ne pas tourner entre les jardins de plusieurs personnes du groupe ?
Cette démarche de visiter les jardins des uns et des autres et d’y organiser des chantiers participatifs a souvent été remontée au sein de l’association Cordemais en permaculture. Nous ne l’avons jamais mis en place car nous avons déjà des difficultés à prendre soin du jardin partagé collectif. Mais la question reste bien entendu ouverte car elle a tout son sens.
N’y aurait-il pas des personnes prêtes à mettre à disposition une partie de leur jardin? Il existe des associations mettant en relation les jardinier et les personnes âgées ne pouvant plus entretenir leur terrain. Parlez en autour de vous, le bouche à oreille peut très bien fonctionner.

Il est important de trouver un lieu, mais symboliquement, je trouve ça quand même plus intéressant de créer ensemble un lieu collectif qui devienne un patrimoine commun, n’appartenant à personne en particulier, si ce n’est à la commune, au groupe d’immeubles …

Créer une occasion de prendre contact pour amorcer un collectif

Connaissez-vous la règles des 5 W (What Who Where When Why ou en français: Quoi Qui 0ù Quand Pourquoi) ? Ce sont les questions que vous poseront les journalistes. Qu’allez-vous proposer, avec et pour qui, dans un jardin, un bar ou une salle de réunion, le samedi matin ou un soir de semaine, et pour quoi faire ?
Je vous conseille de proposer une activité qui vous corresponde.
Pour ma part, j’ai commencé par proposer une conférence sur le jardinage avec le vivant où je présentais ma démarche et des photos de mon jardin, en passant par une association déjà existante. J’ai ensuite animé un atelier sur le greffage des fruitiers, technique que je maîtrise bien, avec mon association fraîchement créée. Je savais que le greffage intéressait, ce qui se confirme tous les ans lors de cet atelier. Ces deux événements me définissent bien, car j’aime transmettre des connaissance et une vision du monde.
Selon votre personnalité, cela pourrait être
– une rencontre le samedi après midi dans votre jardin ou dans un jardin partagé, pour jardinier et discuter ensemble
– une réunion en semaine à 18h dans un bar pour faire connaissance ou un apéro partagé en extérieur
– une visite d’un jardin extraordinaire proche de chez vous pour s’inspirer
Quelque soit votre choix, il y a des chances qu’il attire des personnes avec lesquelles vous partagez des motivations et des valeurs.

Trouver ou créer un collectif, les bonnes personnes

Créer un collectif ? Vous avez bien intégré que la force de l’humain est de pouvoir soulever des montagnes en s’alliant avec ses semblables, que l’entraide est une caractéristique essentielle des systèmes vivants, aussi importante que la concurrence et la rivalité dans l’évolution des espèces. Il est quand même nécessaire de se poser la question du rôle du collectif. Dans quelle circonstances il sera un atout ou un handicap.

Seul ou à plusieurs ?

Jardiner seul

Pour moi, jardiner est un acte solitaire. Observer son jardin, tailler un arbre pour lui donner la forme voulue, choisir l’emplacement d’une nouvelle plante. Modeler un paysage à son image, créer un jardin comme le reflet de sa propre personnalité, autant d’activités intimement personnelles ne nécessitant pas forcément de partage ou d’actions collectives.

avec l’aide des autres

Un jardin est aussi l’émanation d’un terroir, d’une culture locale, d’un sol, d’un climat partagés avec votre entourage géographique. Qui mieux que vos voisins pourront vous renseigner sur les caractéristiques de votre sol, sur les plantes s’y développant le mieux, sur le meilleur moment pour planter les pommes de terre. Où trouver des végétaux adaptés, des déchets verts, de la paille … encore des problématiques locales auxquelles ne répondront pas les vidéos Youtube, les livres ou les magazines nationaux.

Être jardinier connecté au vivant, c’est donc associer une pratique individuelle du jardinage et des moments d’échange et d’entraide collectifs.

La bonne granularité d’un collectif en permaculture

Il existe des associations fédérant les acteurs de la permaculture à l’échelle d’un département ou d’une région. Si les agendas couvrant le département sont très utiles ainsi que les conférences en ville pour regrouper beaucoup de monde, à mon sens une association de jardinage doit être locale.
A vous de définir quelle est la bonne échelle : le quartier, la commune, la communauté de communes ?
Quand j’ai créé l’association Cordemais en permaculture, j’ai considéré que la bonne échelle était ma commune. Dans les faits, la moitié des adhérents viennent des communes environnantes. L’important c’est de prendre des décisions et d’avancer. Ou bien de ne pas prendre de décision mais avancer tout de même. Viendront ceux qui trouveront la démarche assez intéressante pour se déplacer.

Intégrer plutôt que séparer

Nous avons tous tendance à vouloir créer notre propre bébé – moi en tout cas. Ça n’est pas forcément la meilleur stratégie. Profiter de forces déjà existantes permet d’utiliser directement les énergies d’un groupe. Logiquement, il doit déjà exister des groupes de jardinier, de préservation de l’environnement par chez vous, rencontrez les !

Repérer les collectifs déjà en place – où et comment

Admettons que comme moi vous ne connaissiez personne d’intéressé à priori dans votre voisinage, vous pouvez chercher s’il existe déjà des collectifs dont les objectifs sont proches des vôtres.
Vous pourrez les trouver :
– au forum des associations de votre commune (en général en septembre au moment de la rentrée des classes)
– sur le site Internet de la mairie s’il existe une liste d’associations ou en demandant directement en mairie. N’hésitez pas à chercher dans les communes alentour également.
– sur des sites regroupant les initiatives comme Transiscope, la carte Près chez nous du mouvement des Colibris, des sites plus locaux, comme Iris qui recense les jardins partagés en Loire-Atlantique
– en lisant les journaux, les affiches et les flyers à la boulangerie ou tout autre magasin de proximité

Pour vous impliquer dans votre territoire, vous pourrez également intégrer
– le conseil de développement de votre communauté de commune s’il y en a un : Laboratoire d’idées, le Conseil de Développement est animateur du débat public territorial. Il est constitué de membres bénévoles : citoyens volontaires, associatifs et acteurs socioprofessionnels et organismes publics.
– les instances citoyennes mises en place par votre mairie par exemple autour de l’agenda 21 s’il y en a.

Participer et rencontrer tous ces groupes vous permettra de mieux comprendre votre territoire, ce qui essentiel pour avoir un impact sur le long terme. Mais vous n’en avez pas besoin pour agir tout de suite et maintenant.

Repérer les personnes intéressées localement

Vous souhaitez rencontrer du monde rapidement, recherchez les bonnes volontés
– sur les forums généralistes regroupant des personnes de votre commune, par exemple sur Facebook L’actu à St Étienne de montluc & ses alentours, L’Actu de Savenay et alentours 😊, Vivre dans CC Savenay & Cordemais-Pontchâteau & St Gildas-Blain… sur ces groupes vous pouvez lancer une bouteille à la mer du style

Bonjour, je cherche à fédérer localement des personnes autour des principes de la permaculture. L’objectif est de se rencontrer et de planter des arbres ensemble. Contactez moi si ça vous intéresse

Vous pouvez également partager cette page pour expliquer la démarche.
– sur les forums Facebook de permaculture locaux. Consultez l’annuaire des groupes permaculture par thèmes et par localités.

Tous ces lieux où vous avez cherché seront des lieux où vous pourrez communiquer lorsque vous proposerez des événements. C’est le sujet de l’article Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur.

Capitaliser, créer et (se) donner de la valeur

Capitaliser

J’entends par capitaliser conserver des traces de tous les travaux et recherches pour les valoriser. Toute action est une expérience qui doit être documentée pour resservir plus tard, à vous ou à d’autres.
Par exemple, quand vous chercherez si d’autres collectifs existent déjà par chez vous, pensez que quand vous aurez créés votre collectif, d’autres pourront vous trouver par les mêmes moyens. Pensez donc à vous inscrire sur les annuaires, à communiquer sur les forums, à vous manifester auprès de votre commune et à participer aux événements et forum des associations.
La façon que j’ai choisie pour capitaliser est de créer un site Internet et d’y ajouter une page avec un annuaire des associations du coin Autres associations en Estuaire et Sillon. Un simple bloc note ou fichier texte peut convenir pour commencer. Certains outils numériques peuvent être mis en place assez tôt selon vos facilités avec l’informatique.
De la même façon, je prends des notes de toutes les réunions et conférences auxquelles je participe, de toutes les vidéos que je regarde. C’est ainsi que je me suis créé une importante base documentaire dans laquelle je puise régulièrement.

Prendre contact

A chaque événement auquel vous participer, pensez à collecter des adresses emails, tout simplement en mettant à disposition une feuille où les personnes qui le souhaitent laisseront leurs coordonnées. Ceux sont des sympathisants, vous pourrez les inscrire à votre lettre d’information. J’ai récupéré comme ça des dizaines de mails à la fin des conférences ou des ciné débats. J’ai ainsi pu communiquer à ces personnes les dates de mes premiers ateliers.

Donner à voir ce que l’on fait

La communication est essentielle pour inspirer les personnes extérieures et motiver les membres de l’association.
Il est très important de penser à célébrer les actions passées en se le remémorant régulièrement afin de créer un commun de souvenirs joyeux. Pour cela, vous devez noter tout ce que vous avez fait ensemble et le partager sur vos événements.
Par exemple, lorsque vous tenez le stand de votre association, donnez à voir l’ensemble de vos activités de l’année écoulée, et insistez sur les réussites.
Soyez visuels ! Comme vous pouvez le voir en illustration de cet article, il n’y a pas besoin de savoir dessiner pour représenter de l’information de manière graphique efficace.

Se valoriser en restant honnête

Pour attirer, il faut avoir quelque chose à proposer. Vous pouvez prendre des photos de votre jardin, partager du contenu qui vous inspire ou simplement votre enthousiasme pour un programme de plantation de haies fruitières dès l’automne.
L’essentiel est de valoriser vos actions, dans le sens qu’elles doivent avoir de la valeur. Il faut raconter une belle histoire, mais pas être malhonnête pour autant. Il est possible d’être lucide par rapport à l’état de la biosphère et trouver très positif de planter des arbres fruitiers avec ses voisins. Dire que ça va changer le monde, c’est de la naïveté ou de la manipulation.

Argent ou pas ?

Donner un prix à vos interventions les valorisera pour les personnes extérieures. C’est le choix que j’ai fait initialement et qui a été validé par les coordinateurs de l’association un an plus tard : argent et tarif au sein de l’asso.
Nous sommes tous comme ça, nous ne nous engageons que si l’on a le sentiment que le temps passé sera rentabilisé, car nous manquons tous de temps.
Même en tant que bénévole les interventions ne sont pas gratuites. Nous faisons en sorte que cette monétarisation ne soit pas bloquante en rendant facultatives pour les adhérents la participation financière à certains événements. Cette monétarisation nous permet ensuite d’acheter des biens en communs comme des livres ou du matériel.
Enfin n’oubliez pas qu’une décision prise à un moment donné peut toujours être modifiée plus tard, l’essentiel est d’avancer, d’être honnête et transparent.

Les outils pour s’organiser en ligne

Il est question ici des outils que vous pouvez utiliser en numérique. Attention à ce que ceux ci ne prennent pas le pas sur les supports de communication « dans la vraie vie » que sont les affiches dans les commerces, les journaux papiers, radio, télé … et les discussions.

Communiquer en interne au groupe

L’idéal est de pouvoir se voir régulièrement pour pouvoir échanger directement. Mais nos emplois du temps n’étant pas toujours compatibles, et afin que les discussions puissent continuer entre les réunions, il est utile de mettre en place des outils numériques.
Attention cependant à ce que l’utilisation de ces outils ne mette personne à l’écart. Il est important que les échanges effectués sur des canaux que tout le monde n’utilise pas soient synthétisés à intervalle réguliers pour l’ensemble du groupe.

Le groupe de discussion

Le groupe de discussion permet d’utiliser une seule adresse email pour envoyer un message à tous les membres de la liste. Par exemple, je cherche de la paille bio pour mon poulailler, j’envoie un email à adherents_mon_asso@deslistes.org pour demander si quelqu’un sait où trouver ça.
Les adhérents reçoivent le message sur leur propre adresse email et répondent à l’adresse émettrice qui est adherents_mon_asso@deslistes.org.
Les avantages sont que :
– la liste des inscrits est gérée à un seul endroit, vous n’oublierez jamais un destinataire
– chacun gère sa propre adresse email. Pour ne plus recevoir les emails, il suffit de se désinscrire. Il est également possible de recevoir uniquement un mail récapitulatif à intervalle régulier, par exemple une fois par semaine.
– les membres de la liste ne voient pas les adresses mail des autres membres
– tous les messages sont archivés et accessibles
– si le nom de la liste est clair, vous savez pourquoi vous recevez ce message

Une offre libre et gratuite : Framaliste
Une autre offre gratuite : Google Groups

L’espace collaboratif

Un espace collaboratif permet d’engager et d’archiver des discussions entre membres d’un collectif.
Cela peut être un groupe Facebook (fermé ou public), un Slack (gratuit pour les petites organisations) ou un Framateam (libre et gratuit).

Slack

Slack est un espace collaboratif divisés en chaînes, auxquelles il convient de s’inscrire.

Se mettre d’accord sur une date de réunion

L’outil libre et gratuit Framadate permet de créer simplement un sondage pour déterminer collectivement une date de rendez-vous convenant à un maximum de membres de la communauté.

Communiquer avec son groupe et le monde

Site Internet et blog

Créer un blog est assez simple et peut se faire gratuitement. C’est une bonne façon de communiquer régulièrement des actions en cours. Mais attention, le blog sera peut être le premier contact qu’auront des personnes avec votre organisation. N’oubliez pas, « on a une seule occasion de faire un bonne première impression« .
Je conseille donc de contrôler particulièrement les premières pages qui s’affichent. Vous pouvez l’observer sur le site de Cordemais en permaculture ou sur ce site.

Facebook

Créer un page Facebook ne devrait être utilisé que pour communiquer et non pour publier du contenu et l’archiver. N’oubliez pas, les plate-formes privées (Facebook, Google, Slack …) ont le contrôle sur votre contenu, quand vous les utilisez vous êtes chez elles.

Capitaliser, c’est aussi écrire des compte-rendus des réunions et les publier. Cela vous permet de synthétiser les propos tenus, de les retenir et de les partager avec ceux qui n’étaient pas présents.

Partez du principe que tout ce qui n’est pas explicitement confidentiel est public. Donnez la possibilité aux observateurs externes de voir comment fonctionne votre groupe. Cela leur donnera peut-être envie de vous rejoindre ou de vous imiter.

La lettre d’information régulière

Elle peut être hebdomadaire, mensuelle et est destinée à tous les sympathisants. Elle permet à chacun de connaître l’état d’avancement de vos projets, les actions passées et à venir de l’association.
Soyez visuels ! Les photos, la facilitation graphique permettent de passer des messages de manière très efficace.
La régularité est importante, chaque lettre est une occasion de rappeler à tout le monde que l’association est active.
Vous utiliserez des outils spécifiques pour envoyer des mails d’un expéditeur vers plusieurs destinataires, ce qu’on appelle une liste de diffusion.
Des outils gratuits pour un nombre limité de destinataires : MailChimp, Send in blue.
Des hébergeurs d’accès tels que OVH proposent également une offre payante.

Gratuit ou payant ?

Dans un souci d’indépendance et de protections des données, je vous conseille d’éviter au mieux les offres des géants du Web. Lire à ce propos : Dégooglisons Internet. Il ne faut cependant pas être dogmatique et savoir choisir la meilleur solution pour son besoin précis.
Parmi les critères déterminants, il y a le prix mais aussi la facilité de mise en place. Veillez à ne pas vous épuiser sur les problématiques techniques !
Peut-on aujourd’hui communiquer sans Facebook, Twitter et autres Instagram ? La réponse vous appartient.

Fertilité du sol et engrais verts

Cet article est le troisième des quatre étapes d’un programme pour créer un collectif local en permaculture afin de passer à l’action collectivement.

Durant chaque étape je vous décris mon expérience de jardinier, de créateur d’association et vous donne des clefs pour mettre en place également des actions efficaces.

Afin que ce programme soit compostable – réutilisable ultérieurement – il est découpé en sous parties que je vous incite à suivre dans l’ordre, en suivant les liens ci-dessous.

3 Semer des engrais verts

3.1 Créer un écosystème

Ce programme est résolument tourné vers l’action, avec des étapes identifiables à des actes de jardinage précis. Pour autant semer des engrais verts s’inscrit dans une démarche systémique qu’il convient de mettre en perspective. L’objectif du jardinier permaculteur est de mettre en place un écosystème auto fertile et résilient : qu’est-ce qu’un écosystème ?

Une coccinelle mangeant un puceron dans les orties

3.2 Prendre soin du vivant

Pour obtenir une vie foisonnante et un jardin débordant de vitalité, il est essentiel de bien comprendre comment fonctionne un sol vivant.

3.3 Nourrir son sol

Selon l’état initial de votre terrain, vous pourrez avoir besoin de l’amender afin de booster sa vie et augmenter rapidement sa fertilité. Ces opérations ayant pour but de créer du sol en le nourrissant sont à différencier d’un simple plan de fertilisation : gestion de la fertilité, engrais et amendements.

La plante crée le sol : les engrais verts

En partant du principe que c’est la plante qui crée le sol, le jardinier s’attachera à utiliser au maximum les rayons du soleil atteignant son terrain afin de stocker cette énergie gratuite sous forme alimentaire ou en créant du sol, donc de la fertilité pour les plantations futures. En ce sens il est important d’allonger les temps d’occupation du sol par les végétaux emplissant une fonction dans le système.

La création de biomasse in situ est primordiale pour rentrer dans un cycle d’auto fertilité encourageant le développement continue du vivant. C’est pourquoi il est judicieux de semer des engrais verts.

Que semer, où et comment ?

Comment toujours, c’est la diversité qui fait la richesse d’un jardin. Essayer de mélanger les espèces végétales afin de varier les hauteurs de pousses, les besoins des plantes, les occupations racinaires. Il existe des mélange prédéfinis d’engrais verts. Penser à implanter des fixateurs d’azote comme fèves, pois, vesce, trèfle… et des céréales anciennes. Si vous connaissez un paysan boulanger, demandez lui des semences.
Au jardin partagé de Cordemais, nous avons semés différents engrais verts côte à côte dans un but pédagogique, pour apprendre à distinguer les différents plantes.

Surtout si les variétés que vous récupérez ont une valeur patrimoniale, conservez les d’une année sur l’autre.

Enfin n’oubliez pas que semer une graine tout comme planter un arbre, c’est s’engager à prendre soin du végétal et s’inclure dans une narration du vivant. Pour qu’elle soit inspirante et donne envie à d’autres de vous rejoindre dans cette aventure, il vous faut raconter une histoire et la diffuser.

Voilà pour cette fois-ci, ce qu’il vous reste à faire : semer des engrais verts pour préparer votre potager du printemps. Prochaine et dernière étape de ce programme : planter une haie fruitière.

Si ça n’est pas déjà fait, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion de ce programme pour profiter de la dynamique collective (gratuit).